• Climat de classe,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Gestion de classe

    Comment préparer les premiers jours d’école?


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    En ce début d’année, avec tous les projets, concepts et idées que vous avez en tête, il peut être difficile de décider par où commencer. Voici donc quelques idées pour vous aider à commencer l’année en beauté. Comme vous n’aurez pas de deuxième chance de faire une bonne première impression (cliché, je sais), vaut mieux s’y préparer.

    Je vous suggère quelques incontournables pour le premier cours avec vos groupes et comment vous y préparer.

    À propos de vous

    Présentez-vous aux élèves. Montrez-leur votre dimension humaine en parlant de vos expériences (passions, emplois, voyages, famille…) sans aller trop en détail. Il n’est pas nécessaire qu’ils connaissent le nom du chien de votre nièce. Cependant, le fait que vous adorez tout ce qui concerne les grenouilles peut être un fait intéressant à partager. Visez environ 15 minutes pour cet aspect.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Santé mentale

    Le stress de la rentrée chez les enseignants


    Alexandra Coutlée

    Enseignante au secondaire et fondatrice d’Espaceprof


    La semaine dernière, alors que j’admirais les paysages magiques de l’Irlande, mon chum m’a lancé un : “Tu es stressé de ta rentrée, hein?” Quoi? Mais non! J’étais tout à fait zen à essayer de vivre le moment présent, à me remplir de toute cette beauté pour pouvoir m’y référer lorsque les semaines seront plus difficiles ou plus chargées. Alors pourquoi avait-t il l’impression que j’étais stressée? Parce que je passais mon temps à parler du travail. Malgré mes efforts pour décrocher, le spectre de la rentrée était bien présent, et mon cerveau, déjà en mode “début d’année”.

    Notre cerveau d’enseignant est souvent en mode prof. On arrive, pour plusieurs, à décrocher après quelque temps, mais ça revient vite au galop. Mais le mot stress m’a heurtée. Moi qui fais tant d’efforts pour être zen, prendre soin de moi, apprendre à décrocher… est-ce que de parler et de penser au travail à quelques semaines du retour fait de moi quelqu’un de stressée? Et qu’est-ce qui me stresse exactement?

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    Mes élèves restent toujours mes élèves


    Alexandra Coutlée

    Enseignante au secondaire et fondatrice d’Espaceprof


    Les enseignants voient défiler devant eux, chaque année, des dizaines, voire des centaines d’élèves. À chaque année, je tisse des liens avec environ 150 à 180 élèves puisque j’enseigne habituellement à 6 groupes en anglais au secondaire. Je vois ces élèves deux à trois fois par semaine. Je les vois aussi lors de leurs spectacles, des activités du midi, des sorties…et à la fin de l’année, ils me quittent pour rejoindre un autre enseignant d’anglais l’année suivante. Lorsqu’ils ne sont plus mes élèves, je les croise dans les corridors, ils me saluent et parfois me rendent visite en classe. Voir un grand de 5e secondaire venir me saluer alors que je suis avec des 1re secondaire est toujours un beau moment pour moi. Je suis contente de revoir mon élève et amusée de voir le visage impressionnée de mes petits de secondaire 1 (oups, non, mes grands… ils ne seraient pas contents de se faire traiter de petits…mes grands de première secondaire).

    Et puis ces grands de secondaire 5 quittent l’école. Je peux les saluer au bal des finissants et à la collation des grades… et je les perds de vue. Parfois, par contre, j’ai la chance de les recroiser, d’entendre parler d’eux. Je dis alors avec fierté: c’est MON élève. Eh oui, même si un jeune quitte ma classe, il reste à jamais: MON élève. Ce lien ne s’efface pas. J’ai la chance d’avoir pu avoir des nouvelles de plusieurs de mes élèves à travers les années. Il y a quelques années, j’ai assisté aux retrouvailles, 10 ans suivant la graduation, d’élèves à qui j’avais enseigné. Quel beau moment que de voir ces jeunes adultes et de voir ce qu’ils avaient fait de leur vie. Entendre parler de leur carrière qui débute, de l’achat de leur première maison… Chaque fois que je croise un ancien élève, j’ai un petit pincement de fierté… après tout, ce sont MES élèves. Et oui, il arrive d’avoir eu plus de difficulté avec un élève… ça ne change rien au sentiment quand on les recroise! J’ai bien ri avec Nicolas à qui j’avais enseigné en 3e secondaire lorsque nous nous sommes remémoré une présentation orale plutôt clownesque qu’il avait faite… Avec du recul, c’était bien drôle, un peu moins au moment où il l’avait faite, par contre…mais plusieurs années plus tard, il vaut mieux en rire!

  • Enseignement positif,  Espaceprof

    Les enseignants fictifs qui nous inspirent


    Alexandra Coutlée

    Fondatrice d’Espaceprof, Enseignante au secondaire


    Il y a de ces films qui nous inspirent et qui nous donnent envie d’être enseignant. Le premier film qui me vient en tête est un film que j’avais écouté lorsque j’étais au secondaire. Il s’agissait d’un film avec Michelle Pfeiffer où elle débarque dans une école d’un quartier difficile et défavorisé. Elle doit confronter de jeunes étudiants qui ont plus l’air de sortir d’un gang de rue que d’une salle de classe et bien sûr, comme dans tout bon film cliché d’enseignant, elle arrive, à la fin du film, à les inspirer. Bien que tous ces types de films soient souvent peu réalistes, il est clair qu’une idée générale revient. Ces enseignants fictifs se rendent tous compte que la matière est secondaire et que la relation avec les élèves est primordiale. 

    Ce film, c’est Esprits rebelles (Dangerous Minds, en anglais). Ce que j’avais apprécié à l’époque, c’est que cette enseignante avait su voir au-delà de l’attitude de ses élèves. Elle avait vu leurs capacités intellectuelles, mais surtout elle avait vu leur humanité, et c’est ainsi qu’elle avait transformé sa classe.  Encore aujourd’hui, lorsque j’entends la chanson Gangsta’s Paradise tirée du film, ça me donne le goût d’aller affronter un groupe difficile… bon peut-être pas tant que ça… Mais ça me fait sentir forte et courageuse en me disant que si je peux tisser des liens avec les élèves, j’y arriverai.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    L’école d’été


    Alexandra Coutlée

    Fondatrice d’Espaceprof, enseignante au secondaire


    Ah, l’été! La plage, le camping, la lecture dans le hamac…et la correction? Eh oui, plusieurs enseignants sont en classe pendant l’été. Ils enseignent des reprises de français, de maths, d’histoire ou encore d’anglais. Pourquoi enseigner l’été et comment ça se passe? Nous avons interrogé nos collègues Espaceprof qui ont gentiment accepté de nous partager leur expérience.

    Pourquoi enseigner l’été?

    On ne se le cachera pas, la première motivation est souvent de nature financière. Lorsque l’on n’a pas de poste permanent, qu’on est à statut précaire et sans salaire pour l’été, ces quelques semaines d’enseignement d’été peuvent être une belle option. C’est parfois aussi une belle façon de travailler un peu afin d’avoir un petit surplus pour des extras comme un voyage, par exemple. C’est parfois aussi la première expérience de travail d’enseignants qui terminent leurs études en enseignement, comme ce fut le cas de Jacinthe: “Je voulais aider ces élèves-là, vraiment faire une différence. Je vais faire mon 4e été cette année en cours d’été. “ Karine, une autre enseignante à l’école d’été, ajoute:  “J’ai commencé à la troisième année de mon BAC pour avoir plus d’expérience et pour m’aider financièrement. J’ai aimé mon expérience et ça me fait penser à autre chose qu’à la rentrée.” 

  • Enseignant en vacances,  Enseignement positif

    On peut sortir le prof de la classe, mais…


    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement


    On va se le dire, on attendait l’été avec impatience. Les corrections, les “au revoir” et le brouhaha de fin d’année ont fait place au soleil, à la détente et à la sangria bien méritée sur le bord de la piscine . Beaucoup semblent penser que nous sommes chanceux de faire ce que nous faisons parce que nous avons deux mois de congé. Certes, mais on a bûché pendant l’année et on en a fait des heures supplémentaires. Mais ce n’est pas un article pour parler de l’année scolaire, mais bien de sa fin. Les livres de plages, les sorties entre amies et les terrasses : watch out, les profs arrivent. On oublie qu’on sort peut-être le prof de sa classe, mais la classe reste toujours dans l’esprit du prof. Avec nos enfants, nos amis et notre famille, nous allons faire des activités, mais toujours en gardant l’année suivante en tête. Voici quelques exemples :

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Lâcher prise,  Santé mentale

    Les vacances!


    Alexandra Coutlée

    Fondatrice d’Espaceprof, enseignante au secondaire


    C’est enfin les vacances! Enfin du temps pour soi, du temps pour enfin se reposer, mais comme enseignant, ça vient aussi avec de la culpabilité… Est-ce qu’on décroche complètement? Ou est-ce qu’on travaille un peu… question de reprendre le dessus? Est-ce qu’on lit des romans susceptibles d’intéresser nos élèves? Ou est-ce qu’enfin, on lit le roman policier qui traîne sur notre table de chevet depuis des mois?

    Chaque année et chaque été, je vois passer sur les réseaux sociaux des commentaires du genre: “On ne pose pas de question sur le travail, on est en vacances!” Pourtant, pour plusieurs, les vacances sont également le temps de se ressourcer professionnellement, de retravailler les projets qu’on n’a pas eu le temps d’explorer ou encore de lire les romans jeunesse qu’on n’a pas eu le temps de lire et qu’on aimerait travailler avec nos élèves. Pour d’autres, c’est enfin le temps de décrocher complètement, de se ressourcer personnellement, de passer du temps avec leur famille ou avec leurs amis, de faire les activités trop souvent délaissées pendant l’année scolaire. 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    L’année scolaire; ma brioche à la cannelle.


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Et voilà! Les armes de guerre sont rangées. Je parle bien sûr de mes crayons rouges, bleu clair et roses (vive la diversité) qui sont confortablement dans le fond de ma boîte à l’école. C’est le temps de l’année où je me lève tard (presque 7h45 ce matin!), le moment où mon pilote automatique a une envie folle de dire à tous les jeunes que je rencontre d’enlever leur casquette, la saison où je peux prendre plus de 15 minutes pour dîner et je peux même me permettre un café de moins le matin! Les termes vacances et convalescence sont donc interchangeables dans le cas présent, surtout considérant qu’elles ne sont pas rémunérées, mais qu’on nous verse ce que nous avons accumulé. Mais peu importe! Dans ma cour, personne ne juge le verre de sangria à ma main à 11h58 l’avant-midi! En compagnie de cette sangria, c’est le temps d’un petit post-mortem. Comme je vois mon année scolaire comme une brioche à la cannelle, les premières bouchées étant parfois croustillantes, manquant de goût, trop sucré et très collant, à ce temps-ci de l’année, il ne me reste que le milieu, tout moelleux. Et les doigts collants, cette fatigue qui s’intensifie au fil des mois d’école? Ce n’est pas grave puisqu’à ce moment-ci, j’ai accepté que manger une brioche, c’est collant, mais que le milieu en vaut la peine. Ce milieu de brioche, c’est mon post-mortem que je fais à la fin de l’année. Pas ceux qu’on fait dans la salle de profs, tous exténués par le sprint de fin d’année. Je parle d’un vrai post-mortem des moments qui ont été vraiment significatifs cette année.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Reconnaissance

    Nostalgie


    Lise Gauthier

    Enseignante à la retraite


    Debout devant la fenêtre, café en main, j’observe les enfants qui  s’amusent dans la cour d’école. Dans quelques jours, ils seront en vacances. L’année scolaire leur a-t-elle paru trop  longue ou trop courte? Et qu’en est-il du sentiment des profs?

    Est-ce la grisaille installée depuis trop de jours,  la conscience du temps qui passe ou les deux, je l’ignore, mais ce matin, j’éprouve une grande nostalgie. J’ai pris ma retraite de l’enseignement en juin 2006 et j’ai peine à croire que les années aient passé si vite!

    Le film de ma carrière d’enseignante déroule dans ma tête. Les souvenirs refont surface et je réalise que je m’ennuie encore de ce temps-là. Je me revois à ma première année d’enseignement, âgée de vingt et un an et je me dis que le feu sacré m’a permis de passer au travers. À la suite d’un revirement de dernière minute, ma tâche prévue d’enseignement de l’histoire en deuxième et troisième secondaire ( appelées à l’époque, huitième et neuvième année) a donné ceci : sept périodes de français en neuvième scientifique et tutorat, sept périodes de français en huitième générale, deux périodes d’histoire/semaine (changement de groupe fin janvier) et une période d’histoire/semaine dans deux groupes. Je n’avais pas de vie! Je devais préparer quatorze périodes de français et deux périodes d’histoire chaque semaine. Et on ne parle pas de la correction! Mais vous savez quoi, c’est un de mes plus beaux souvenirs!

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Reconnaissance

    Pourquoi l’enseignement?

    livre ouvert

    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement

    Instagram @madam.ejade


    Tu ne deviens pas prof au hasard. Tu le choisis. Il y a plusieurs raisons qui te poussent vers ce choix, mais on va les réduire à : l’amour de l’école, le désir de transmettre les apprentissages à autrui ou encore avoir un impact sur les générations d’humains à venir. Moi, ça a été un délicieux mélange de ces trois choix. Chaque être humain qui passe par l’école au Québec se rappelle de souvenirs positifs et négatifs. Je me souviens d’une prof en particulier qui m’a ébranlée pour le reste de ma vie.

    Je te mets au parfum :  3e secondaire, rentrée scolaire différente. Auparavant, nous étions dans une minuscule école secondaire dans laquelle il y avait seulement le premier cycle. Donc, en 3e secondaire, on entrait dans la cour des grands, on rentrait à la polyvalente. Du haut de mes 14 ans, légèrement rebelle et impressionnable, je me suis inscrite dans un programme de sport. Nous avions 7 cours d’éducation physique par cycle de 9 jours. Je ne te fais pas un dessin, la classe était majoritairement masculine. 21 garçons et 5 filles si je me rappelle bien. Notre enseignante, quant à elle, allait affronter une gang d’adolescents avec trop d’énergie. Au contraire, elle l’a mis à profit. Julie Vigneault-Champagne est une femme remarquable sous plusieurs aspects, elle en avait dedans. Gentille, passionné et pas impressionné pantoute. Pour elle, c’était une année remplie de défi avec des jeunes remplis de potentiels. C’est une femme de théâtre, de littérature et grand projet.