• Espaceprof,  Formation,  Gestion de classe,  Nouveaux enseignants,  Suppléance

    La suppléance n’est pas juste une paye, c’est la meilleure école.


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    J’ai fait mon baccalauréat au début 2000. C’était l’époque où nous devions encore aller chercher l’information puisqu’elle ne venait pas directement à nous via notre téléphone. C’était aussi l’époque où nous devions encore appeler pour avoir de l’information. Malgré que la majorité d’entre nous avions un courriel, la norme était de répondre dans les 3-4 jours ouvrables, loin du 2-3 heures que nous connaissons aujourd’hui. La majorité de notre information venait non pas d’un ordinateur ou d’une tablette, mais bien de sources humaines. 

    C’est donc à cette époque archaïque que j’ai entendu parler, par des collègues étudiants, qu’en tant qu’étudiante en enseignement, je pourrais faire de la suppléance. J’ai alors sauté sur l’occasion et je suis allée rencontrer les secrétaires d’école près de chez moi pour leur offrir mes services de suppléance (oui, c’est comme ça que ça fonctionnait à l’époque!). 

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Organisation

    La communication avec les parents


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Nous le savons tous, elle est primordiale, et les parents sont d’un soutien irremplaçable pour nos jeunes et leur réussite scolaire. Dans un monde idéal, je pourrais communiquer avec les parents de mes élèves deux ou trois fois par mois pour les tenir au courant de ce qui se passe dans la classe, du cheminement de leur enfant et pour régler chaque petite difficulté dès qu’elle se pointe le bout du nez. 

    La réalité

    La réalité est cependant différente. En tant qu’enseignante d’anglais au secondaire, j’enseigne à six groupes par année. Si nous comptons 30 élèves par groupes, ça en fait environ 180. C’est beaucoup de monde ça! C’est donc impensable de communiquer avec chaque parent individuellement. Pire encore, avant la fin de la première étape, je connais rarement tous mes élèves. Pour ma part, au début d’octobre, je connais les élèves dérangeants, les élèves à plan d’intervention, les élèves qui ont des difficultés et les élèves qui participent beaucoup. Les autres, je ne les connaitrai pas avant le début novembre. Dans ce contexte, il est difficile de même savoir quoi dire à chaque parent. 

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  relation d'aide

    Madame Gabrielle


    Gabrielle Levesque

    Gabrielle Levesque

    Enseignante au secondaire


    Je m’appelle Gabrielle. On m’appelle madame Gabrielle, madame Levesque ou parfois rien que madame. On me tutoie et d’autres fois on me vouvoie. Mes élèves me disent souvent bonjour quand ils entrent dans ma classe, alors que d’autres fois, ils passent devant moi sans me saluer. On ne me demande pas souvent comment je vais, mais je suis toujours la première à vouloir savoir comment tous vont. C’est important pour moi.

    J’aurais pu être secrétaire parce que je prends des notes tout le temps. Il y a des papillons autocollants partout sur mon bureau et dans mon agenda. Les notes et les rappels, je sais les gérer. J’aurais pu être juge dans une grande cour parce qu’il m’arrive de gérer des conflits lors des travaux d’équipe ou même des chicanes entre amis. J’aurais pu être médecin aussi parce que mes élèves ont tout le temps mille et un bobos que je tente de soigner, à coup de pansements, comme je le peux. Il y a les bobos du cœur aussi, les premières peines adolescentes que j’arrive à gérer telle qu’une psychologue le ferait. J’aurais pu faire toutes ces professions parce que je passe ma journée à exercer un peu chacune d’entre elles. J’en passe même.

  • Climat de classe,  Espaceprof,  Gestion de classe

    Le groupe difficile


    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Tous les enseignants de ce monde finissent par le rencontrer et le redouter; le groupe difficile. Vous savez bien, ce groupe qui arrive à remettre en doute nos compétences de bon enseignant. Ce groupe qui met notre motivation à rude épreuve tous les matins avant d’aller travailler. Celui qui nous force à chercher des éléments positifs auxquels se raccrocher pour éviter de se mettre en boule dans un coin et pleurer.

    Ça reste des étudiants… des élèves… Ne pensez pas que je les dégrade en disant cela, au contraire; je les accueille. Parce que non, ils ne m’écoutent pas, non, ils ne respectent pas la plupart des règles établies en classe, mais ils restent mes étudiants et je les aime, sans jugement… Derrière leur petite carapace de rebelle répressif, il y a souvent un individu qui souhaite seulement se faire une petite place dans l’univers. Je ne m’avancerais certainement pas à dire que de venir à bout de cette foutue carapace est chose simple. C’est qu’ils tentent tant bien que mal de se défendre, ces étudiants rebellés. Ne perce pas la coquille qui le veut bien…

  • Enseignement positif,  Entraide,  Espaceprof

    Bienveillance


    Lysiane Dallaire

    Enseignante en anglais au primaire


    La bienveillance est une attitude qu’on ne peut forcer. On la souhaite dans notre cercle d’amis, dans notre classe et dans notre école. Il est facile de dire que la solution à une ambiance plombée, à une situation difficile, est la bienveillance, mais comment la cultiver, comment la développer? 

    Lorsque la tête d’une organisation est fondamentalement bienveillante, son attitude finit par découler sur les autres membres de l’organisation. Prendre soin des autres est plus facile quand on peut espérer que la pareille nous sera rendue. 

  • Espaceprof,  Motivation

    Une histoire d’amour propre


    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Ça m’a toujours fait sourire d’entendre mes collègues enseignants parler de discipline. Avouez-le, lorsqu’on entend ce mot, « discipline », on pense immédiatement aux pires scénarios imaginables. On s’imagine devoir gérer un élève complètement hors de contrôle ou en train de devoir s’expliquer avec des parents au sujet d’une crise quelconque. Pourtant, la discipline n’a jamais été synonyme de processus négatif. En fait, en ce qui me concerne, je préfère dire que j’enseigne la discipline et non pas que je fais « de la discipline » en classe.

    Peut-être trouverez-vous la nuance très subtile, mais à mes yeux, celle-ci est flagrante. J’aime beaucoup mieux percevoir la discipline comme un état d’esprit qui s’enseigne que comme une série d’actions punitives ou conséquentes. Une fois acquise par l’élève, la discipline se transforme en autodiscipline, et quelqu’un d’autodiscipliné est forcément quelqu’un qui s’aime suffisamment pour se mettre en branle, pour se mettre en action. L’autodiscipline est quelque chose que je prône beaucoup. Elle nécessite une force de caractère, une autonomie bien développée et un amour propre. J’essaie, autant que possible, d’apprendre à mes élèves à s’aimer suffisamment pour faire des choix qui représentent un investissement en leur propre personne, investissement qui leur rapportera un respect envers eux-mêmes à long terme.

  • Espaceprof,  Santé mentale

    Vivre avec un trouble anxieux en enseignement


    Jessie Villeneuve

    Enseignante au secondaire


    En 2013, le diagnostic est tombé : je souffre d’un trouble d’anxiété généralisée. Ça veut dire quoi? Que même d’être assise tranquille devant mes émissions de télévision préférées me donne une boule dans le ventre. Que je n’ai jamais l’esprit tranquille. Que je pense à mes cours 24h/24h, et ce, même quand je dors. Que j’ai l’impression de n’être jamais à la hauteur. Que j’ai le trac avant chacun de mes cours avec mes élèves. Pénible, me direz-vous? Oui, mais…

    Petit retour en arrière…

    Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été anxieuse. Mais à l’époque, je ne le savais pas vraiment parce que ce n’était pas le genre de chose dont on parlait. Et je n’en parlais pas parce que je croyais que c’était normal de vivre comme ça quotidiennement. Je croyais que lorsque j’aurais terminé mes études, ça se placerait, que c’était mon besoin d’être la meilleure dans tous mes cours (ce que je sais aujourd’hui être de l’anxiété de performance) qui me rendait ainsi.

    Avant chaque examen, j’avais mal au cœur, j’avais les mains glacées, j’avais juste envie que ça finisse. Je cassais les oreilles de mes amis avec mes fameux « Je vais me planter. », « Je ne me souviens de rien. », « On commence-tu que ça finisse? ». Mais finalement, j’avais toujours des notes bien au-dessus de la moyenne. Mon entourage en avait assez de m’entendre me plaindre alors que tout le monde savait très bien que j’allais « scorer », encore. À l’université, j’appelais ma mère en pleurant et j’étais offusquée de me faire répondre : « Ça va bien aller, comme d’habitude. »

  • Espaceprof,  Santé Physique

    Prévenir la contagion en classe


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Ce temps de l’année est de retour! Celui où les élèves se transforment en morveux, non pas parce qu’ils font des mauvais coups, mais bien parce qu’ils ont tous le nez qui coule. Les élèves sont très créatifs quand vient le temps de partager ces petits microbes. Les toux et éternuements ailleurs que dans le coude font partie de notre quotidien en tant qu’enseignants. Certains élèves toussent dans leurs mains et nous remettent leurs documents quelques secondes plus tard. D’autres, surtout les tout petits, n’ont pas encore appris comment bien gérer ces réactions physiologiques et nous éternuent au visage sans le vouloir. C’est sans compter le nombre d’items que nous ramasserons qui auront été préalablement dans la bouche des élèves (crayons, feuilles, bouchons…) ou même ceux qui auront besoin d’aide pour un paper cut qui ne veut pas arrêter de saigner. 

    Les experts en santé publique sont clairs, nous devrions nous laver les mains régulièrement après avoir touché du matériel souillé. Mais ont-ils pensé aux profs? Pour les chanceux d’entre nous qui ont des classes munies de savon et lavabo et qui ont le temps et l’occasion de tourner le dos à la classe pour se laver les mains quelques secondes, plusieurs fois par cours, que dire de plus que profitez-en! Pour les autres 99.9% des enseignants, que pouvons-nous faire pour ne pas tomber malade ou contaminer les autres? Je vous partage quelques trucs qui m’ont permis, à travers les années, de ne pas attraper tous les virus présents dans ma classe. 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (6)


    Alexandra Coutlée

    Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire, fondatrice d’Espaceprof


    Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusion quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’ils avaient imaginé. Pourtant, il ne faut pas oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

  • Espaceprof,  relation d'aide,  Santé mentale

    Quand une confidence d’élève devient une dénonciation


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Les trucs et conseils présentés dans le présent billet sont issus des recommandations de la Direction de la Protection de la Jeunesse, de l’Institut Nationale de Santé Publique du Québec, L’Institut de Recherche Robert-Sauvé en Santé et Sécurité du Travail et de l’Ordre des Psychologues du Québec. Je les ai adaptés à la réalité enseignante avec mes connaissances et expériences en enseignement et criminologie. Ces conseils et trucs visent à vous outiller dans les interventions avec les élèves. Ils ne remplacent pas des conseils juridiques ou des services professionnels dont vous ou vos élèves pouvez avoir besoin.


    Les confidences : un cheveu sur la soupe

    Les élèves nous font souvent des confidences. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette confiance qui nous démontre l’étendue de la bonne relation que nous avons avec l’élève. Dans la tâche enseignante, sous la rubrique appelée « … et toutes autres tâches connexes, » nous portons parfois le chapeau de confident à différents degrés. Ces élèves voient en nous un guide et une ressource humaine précieuse. Quant à moi, une confidence est un des meilleurs compliments professionnels que je peux recevoir, à égalité avec une amélioration des notes phénoménales.