• Décrocher,  Motivation,  Passion,  Santé mentale

    Être passionnée par les livres : un atout pour ma profession


    Alex-Anne Flambert

    Enseignante au secondaire

    https://labibliomaniaque.worpress.com


    Même si je prends déjà le temps de lire le plus possible pendant l’année scolaire, depuis le début des vacances, je me suis surpassée en termes de livres lus. Ma plus grande fierté? La variété! Chaque fois que je plaçais ma pile à lire (communément appelée PàL dans la blogosphère), je prenais soin d’y aller avec au moins un roman adulte, un roman jeunesse et un livre illustré (album pour enfants, bande dessinée pour adultes, roman graphique…). Il n’était pas question que je me tanne d’un type de livres en particulier ou que je fasse une écœurantite aigüe de littérature jeunesse (quoique ça m’étonnerait). 

    Je ne me souviens pas d’un moment précis dans ma vie où ma passion s’est réellement déclenchée, mais je sais que depuis que j’ai lancé La Bibliomaniaque, elle n’a pas dérougi. Je crois que le fait de partager mes lectures et mes avis avec d’autres passionné.e.s contribue pour beaucoup dans l’alimentation de cette passion plus que nourrissante. 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    Mes élèves restent toujours mes élèves


    Alexandra Coutlée

    Enseignante au secondaire et fondatrice d’Espaceprof


    Les enseignants voient défiler devant eux, chaque année, des dizaines, voire des centaines d’élèves. À chaque année, je tisse des liens avec environ 150 à 180 élèves puisque j’enseigne habituellement à 6 groupes en anglais au secondaire. Je vois ces élèves deux à trois fois par semaine. Je les vois aussi lors de leurs spectacles, des activités du midi, des sorties…et à la fin de l’année, ils me quittent pour rejoindre un autre enseignant d’anglais l’année suivante. Lorsqu’ils ne sont plus mes élèves, je les croise dans les corridors, ils me saluent et parfois me rendent visite en classe. Voir un grand de 5e secondaire venir me saluer alors que je suis avec des 1re secondaire est toujours un beau moment pour moi. Je suis contente de revoir mon élève et amusée de voir le visage impressionnée de mes petits de secondaire 1 (oups, non, mes grands… ils ne seraient pas contents de se faire traiter de petits…mes grands de première secondaire).

    Et puis ces grands de secondaire 5 quittent l’école. Je peux les saluer au bal des finissants et à la collation des grades… et je les perds de vue. Parfois, par contre, j’ai la chance de les recroiser, d’entendre parler d’eux. Je dis alors avec fierté: c’est MON élève. Eh oui, même si un jeune quitte ma classe, il reste à jamais: MON élève. Ce lien ne s’efface pas. J’ai la chance d’avoir pu avoir des nouvelles de plusieurs de mes élèves à travers les années. Il y a quelques années, j’ai assisté aux retrouvailles, 10 ans suivant la graduation, d’élèves à qui j’avais enseigné. Quel beau moment que de voir ces jeunes adultes et de voir ce qu’ils avaient fait de leur vie. Entendre parler de leur carrière qui débute, de l’achat de leur première maison… Chaque fois que je croise un ancien élève, j’ai un petit pincement de fierté… après tout, ce sont MES élèves. Et oui, il arrive d’avoir eu plus de difficulté avec un élève… ça ne change rien au sentiment quand on les recroise! J’ai bien ri avec Nicolas à qui j’avais enseigné en 3e secondaire lorsque nous nous sommes remémoré une présentation orale plutôt clownesque qu’il avait faite… Avec du recul, c’était bien drôle, un peu moins au moment où il l’avait faite, par contre…mais plusieurs années plus tard, il vaut mieux en rire!

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    L’école d’été


    Alexandra Coutlée

    Fondatrice d’Espaceprof, enseignante au secondaire


    Ah, l’été! La plage, le camping, la lecture dans le hamac…et la correction? Eh oui, plusieurs enseignants sont en classe pendant l’été. Ils enseignent des reprises de français, de maths, d’histoire ou encore d’anglais. Pourquoi enseigner l’été et comment ça se passe? Nous avons interrogé nos collègues Espaceprof qui ont gentiment accepté de nous partager leur expérience.

    Pourquoi enseigner l’été?

    On ne se le cachera pas, la première motivation est souvent de nature financière. Lorsque l’on n’a pas de poste permanent, qu’on est à statut précaire et sans salaire pour l’été, ces quelques semaines d’enseignement d’été peuvent être une belle option. C’est parfois aussi une belle façon de travailler un peu afin d’avoir un petit surplus pour des extras comme un voyage, par exemple. C’est parfois aussi la première expérience de travail d’enseignants qui terminent leurs études en enseignement, comme ce fut le cas de Jacinthe: “Je voulais aider ces élèves-là, vraiment faire une différence. Je vais faire mon 4e été cette année en cours d’été. “ Karine, une autre enseignante à l’école d’été, ajoute:  “J’ai commencé à la troisième année de mon BAC pour avoir plus d’expérience et pour m’aider financièrement. J’ai aimé mon expérience et ça me fait penser à autre chose qu’à la rentrée.” 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    L’année scolaire; ma brioche à la cannelle.


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Et voilà! Les armes de guerre sont rangées. Je parle bien sûr de mes crayons rouges, bleu clair et roses (vive la diversité) qui sont confortablement dans le fond de ma boîte à l’école. C’est le temps de l’année où je me lève tard (presque 7h45 ce matin!), le moment où mon pilote automatique a une envie folle de dire à tous les jeunes que je rencontre d’enlever leur casquette, la saison où je peux prendre plus de 15 minutes pour dîner et je peux même me permettre un café de moins le matin! Les termes vacances et convalescence sont donc interchangeables dans le cas présent, surtout considérant qu’elles ne sont pas rémunérées, mais qu’on nous verse ce que nous avons accumulé. Mais peu importe! Dans ma cour, personne ne juge le verre de sangria à ma main à 11h58 l’avant-midi! En compagnie de cette sangria, c’est le temps d’un petit post-mortem. Comme je vois mon année scolaire comme une brioche à la cannelle, les premières bouchées étant parfois croustillantes, manquant de goût, trop sucré et très collant, à ce temps-ci de l’année, il ne me reste que le milieu, tout moelleux. Et les doigts collants, cette fatigue qui s’intensifie au fil des mois d’école? Ce n’est pas grave puisqu’à ce moment-ci, j’ai accepté que manger une brioche, c’est collant, mais que le milieu en vaut la peine. Ce milieu de brioche, c’est mon post-mortem que je fais à la fin de l’année. Pas ceux qu’on fait dans la salle de profs, tous exténués par le sprint de fin d’année. Je parle d’un vrai post-mortem des moments qui ont été vraiment significatifs cette année.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Reconnaissance

    Nostalgie


    Lise Gauthier

    Enseignante à la retraite


    Debout devant la fenêtre, café en main, j’observe les enfants qui  s’amusent dans la cour d’école. Dans quelques jours, ils seront en vacances. L’année scolaire leur a-t-elle paru trop  longue ou trop courte? Et qu’en est-il du sentiment des profs?

    Est-ce la grisaille installée depuis trop de jours,  la conscience du temps qui passe ou les deux, je l’ignore, mais ce matin, j’éprouve une grande nostalgie. J’ai pris ma retraite de l’enseignement en juin 2006 et j’ai peine à croire que les années aient passé si vite!

    Le film de ma carrière d’enseignante déroule dans ma tête. Les souvenirs refont surface et je réalise que je m’ennuie encore de ce temps-là. Je me revois à ma première année d’enseignement, âgée de vingt et un an et je me dis que le feu sacré m’a permis de passer au travers. À la suite d’un revirement de dernière minute, ma tâche prévue d’enseignement de l’histoire en deuxième et troisième secondaire ( appelées à l’époque, huitième et neuvième année) a donné ceci : sept périodes de français en neuvième scientifique et tutorat, sept périodes de français en huitième générale, deux périodes d’histoire/semaine (changement de groupe fin janvier) et une période d’histoire/semaine dans deux groupes. Je n’avais pas de vie! Je devais préparer quatorze périodes de français et deux périodes d’histoire chaque semaine. Et on ne parle pas de la correction! Mais vous savez quoi, c’est un de mes plus beaux souvenirs!

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Reconnaissance

    Pourquoi l’enseignement?

    livre ouvert

    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement

    Instagram @madam.ejade


    Tu ne deviens pas prof au hasard. Tu le choisis. Il y a plusieurs raisons qui te poussent vers ce choix, mais on va les réduire à : l’amour de l’école, le désir de transmettre les apprentissages à autrui ou encore avoir un impact sur les générations d’humains à venir. Moi, ça a été un délicieux mélange de ces trois choix. Chaque être humain qui passe par l’école au Québec se rappelle de souvenirs positifs et négatifs. Je me souviens d’une prof en particulier qui m’a ébranlée pour le reste de ma vie.

    Je te mets au parfum :  3e secondaire, rentrée scolaire différente. Auparavant, nous étions dans une minuscule école secondaire dans laquelle il y avait seulement le premier cycle. Donc, en 3e secondaire, on entrait dans la cour des grands, on rentrait à la polyvalente. Du haut de mes 14 ans, légèrement rebelle et impressionnable, je me suis inscrite dans un programme de sport. Nous avions 7 cours d’éducation physique par cycle de 9 jours. Je ne te fais pas un dessin, la classe était majoritairement masculine. 21 garçons et 5 filles si je me rappelle bien. Notre enseignante, quant à elle, allait affronter une gang d’adolescents avec trop d’énergie. Au contraire, elle l’a mis à profit. Julie Vigneault-Champagne est une femme remarquable sous plusieurs aspects, elle en avait dedans. Gentille, passionné et pas impressionné pantoute. Pour elle, c’était une année remplie de défi avec des jeunes remplis de potentiels. C’est une femme de théâtre, de littérature et grand projet.

  • Espaceprof,  Motivation,  Santé mentale,  Santé Physique

    L’humain est encore humain (malgré tout)


    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Avez-vous parfois l’impression de vivre dans une société négative ? Parfois, quand je regarde les nouvelles ou que je me branche sur les réseaux sociaux, je deviens complètement découragé. J’ai cette impression qui m’envahit d’être né dans un monde dénué de gentillesse et de compassion. Le racisme, la xénophobie, la transphobie, l’intimidation, tant d’expressions qui transposent les réflexions les plus noires des êtres humains.

    Quand l’adversité vient s’en mêler

    Samedi dernier, je suis allé faire une course, la XMAN Race. Sept kilomètres de course en dénivelé relativement aigu, 40 obstacles à traverser, tous plus difficiles les uns que les autres. Le tout à travers la boue et l’eau froide. Je me considère comme un habitué de la course, mais je vous avoue que je suis resté surpris devant quelques obstacles imposants. Pendant l’heure et demie que j’ai prise pour traverser le parcours, j’ai réalisé une grande leçon : l’adversité est souvent le point de départ de l’entraide et la compassion.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (5)

    élève et sac à dos

    Après plusieurs années d’études, des stages en classe et bien des travaux théoriques, les jeunes enseignants sont souvent fébriles de commencer leur carrière et d’avoir enfin leurs élèves à eux. Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusionnement quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’il s’étaient imaginé. Pourtant, il ne faut oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

    Enseignant 5: Jeffrey

    Jeffrey a signé un contrat du 24 septembre au 10 mars. Il remplaçait un enseignant en pré-retraite et avait une tâche à 100%: 3 groupes de 3e secondaire en univers social et 3 groupes de 5e secondaire en Monde contemporain et éducation financière. Lorsque son contrat s’est terminé en mars, il a obtenu un autre contrat à 100%, cette fois-ci en adaptation scolaire, et ce, jusqu’à la fin de l’année.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (4)

    livres, cahiers en pile

    Après plusieurs années d’études, des stages en classe et bien des travaux théoriques, les jeunes enseignants sont souvent fébriles de commencer leur carrière et d’avoir enfin leurs élèves à eux. Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusionnement quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’il s’étaient imaginé. Pourtant, il ne faut oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

    Enseignante 4: Sarah

    Sarah a obtenu une tâche de 70% cette année. Elle enseignait à un groupe de 3e secondaire, un groupe de 4e secondaire et était également enseignante ressource et tutrice d’un groupe. Au mois de novembre, on lui a ajouté un autre groupe, cette fois en 2e secondaire. Son pourcentage de tâche n’a toujours pas été ajusté…depuis novembre…

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (3)

    deux personnes derrière des livres

    Après plusieurs années d’études, des stages en classe et bien des travaux théoriques, les jeunes enseignants sont souvent fébriles de commencer leur carrière et d’avoir enfin leurs élèves à eux. Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusionnement quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’il s’étaient imaginé. Pourtant, il ne faut oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

    Enseignante 3: Claudia

    Claudia a terminé ses études en mai l’an dernier. Cette année, elle a obtenu une tâche à 100% en 1re et en 2e secondaire. Une tâche complète… une grosse tâche. Somme toute, elle est fière de ce qu’elle a accompli et a passé une belle année. Elle ne pourrait pas dire que c’était facile, par contre. Elle savait à quoi s’attendre et n’a pas vécu de désillusionnement, mais elle a découvert certains défis auxquels elle n’était pas préparée. Certaines choses ne s’apprennent tout simplement pas à l’université.