• Espaceprof,  Formation,  Gestion de classe,  Nouveaux enseignants,  Suppléance

    La suppléance n’est pas juste une paye, c’est la meilleure école.


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    J’ai fait mon baccalauréat au début 2000. C’était l’époque où nous devions encore aller chercher l’information puisqu’elle ne venait pas directement à nous via notre téléphone. C’était aussi l’époque où nous devions encore appeler pour avoir de l’information. Malgré que la majorité d’entre nous avions un courriel, la norme était de répondre dans les 3-4 jours ouvrables, loin du 2-3 heures que nous connaissons aujourd’hui. La majorité de notre information venait non pas d’un ordinateur ou d’une tablette, mais bien de sources humaines. 

    C’est donc à cette époque archaïque que j’ai entendu parler, par des collègues étudiants, qu’en tant qu’étudiante en enseignement, je pourrais faire de la suppléance. J’ai alors sauté sur l’occasion et je suis allée rencontrer les secrétaires d’école près de chez moi pour leur offrir mes services de suppléance (oui, c’est comme ça que ça fonctionnait à l’époque!). 

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  relation d'aide

    Madame Gabrielle


    Gabrielle Levesque

    Gabrielle Levesque

    Enseignante au secondaire


    Je m’appelle Gabrielle. On m’appelle madame Gabrielle, madame Levesque ou parfois rien que madame. On me tutoie et d’autres fois on me vouvoie. Mes élèves me disent souvent bonjour quand ils entrent dans ma classe, alors que d’autres fois, ils passent devant moi sans me saluer. On ne me demande pas souvent comment je vais, mais je suis toujours la première à vouloir savoir comment tous vont. C’est important pour moi.

    J’aurais pu être secrétaire parce que je prends des notes tout le temps. Il y a des papillons autocollants partout sur mon bureau et dans mon agenda. Les notes et les rappels, je sais les gérer. J’aurais pu être juge dans une grande cour parce qu’il m’arrive de gérer des conflits lors des travaux d’équipe ou même des chicanes entre amis. J’aurais pu être médecin aussi parce que mes élèves ont tout le temps mille et un bobos que je tente de soigner, à coup de pansements, comme je le peux. Il y a les bobos du cœur aussi, les premières peines adolescentes que j’arrive à gérer telle qu’une psychologue le ferait. J’aurais pu faire toutes ces professions parce que je passe ma journée à exercer un peu chacune d’entre elles. J’en passe même.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (6)


    Alexandra Coutlée

    Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire, fondatrice d’Espaceprof


    Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusion quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’ils avaient imaginé. Pourtant, il ne faut pas oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    1er stage très paradoxal! Oui, oui!


    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement


    Toute la session d’automne, on nous prépare à notre futur stage. Le premier, on sent l’excitation dans les classes à la vue de ce grand moment. Durant ces cours d’introduction, on met en place les bases pour faire notre stage d’observation. Je tiens à souligner que notre stage est basé sur l’observation, c’est un élément à retenir attentivement, on y reviendra plus tard. 

    Donc, tu étudies, tu fais des travaux, des lectures et beaucoup de travaux d’équipe pour finalement atteindre le Graal. Tu vas avoir des vrais élèves, dans une vraie école et avec de vrais profs. Entre ton emploi à temps partiel, tes bourses et tes prêts (si t’es chanceux) et parfois la vie de maman. Tu bûches. Je dirais même tu rush. FINALEMENT, voilà ta fin de session qui se pointe et hop! On s’en va dans le tourbillon du temps des fêtes.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Gestion du temps,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale,  Santé Physique

    Être bien avec soi, avec sa profession


    Cloé Janelle

    Enseignante en adaptation scolaire


    Il s’agit de ma deuxième année comme titulaire de classe et j’en suis très heureuse! Pour l’instant, j’ai trouvé un équilibre entre le travail et la vie personnelle. 

    Mon truc : prendre le temps de faire les choses, c’est-à-dire prendre le temps d’aller à la salle de bain pendant la journée, de ranger mon bureau, d’aller discuter avec une collègue, d’aller porter ma tasse de café dans la salle des profs, de retrouver mes factures perdues, etc. 

    Ainsi, lorsque je rentre de l’école, j’ai passé une meilleure journée et je me sens bien avec mon emploi, ma profession. Même qu’en soir de semaine, je fais des activités avec mon copain; je me sens presque la fin de semaine! 

    Je réalise à quel point je ne prenais pas soin de mon bien-être l’année scolaire dernière et que cela avait un impact sur mon humeur, donc sur les élèves et sur ma vie personnelle. Je me sens bien, je me sens heureuse.

    Bon début d’année, chers collègues enseignants! 

  • Enseignement positif,  Entraide,  Espaceprof,  Nouveaux enseignants

    Lettre à ces enseignant.e.s qui aident les nouveaux


    Alex-Anne Flambert

    Enseignante au secondaire

    https://labibliomaniaque.worpress.com


    Cher.ère enseignant.e expérimenté.e, 

    Je tiens à te remercier du plus profond de mon cœur. En tant que nouvelle enseignante, sache que tous tes petits gestes comptent. 

    Te souviens-tu du moment où tu m’as saluée au déjeuner de la rentrée? En m’appelant par mon prénom? Alors que je ne savais même pas encore quel était le tien? Cela m’a fait sentir la bienvenue dans l’équipe. 

    Te souviens-tu, lors de la rentrée des élèves, de m’avoir demandé si j’étais angoissée? Et lors de la première rencontre de parents? Ça m’a rassurée lorsque tu m’as avoué que toi aussi, après autant d’années, tu ressentais ces petits papillons dans ton estomac. 

    Te souviens-tu de m’avoir présenté les romans qu’il était possible de faire lire à nos élèves en partageant avec moi tes coups de cœur et les possibilités d’utilisation? Cela m’a guidée dans mes choix et m’a enlevé un énorme poids sur les épaules. 

    Te souviens-tu de m’avoir demandé mon avis sur les évaluations à venir? Sur une participation possible à la création d’un examen commun? Cela m’a permis de comprendre que je faisais partie de l’équipe, moi aussi. 

    Te souviens-tu de m’avoir proposé de venir assister à un de mes cours pour me donner des conseils sur ma gestion de classe? Cela m’a permis de m’améliorer et d’avoir un autre regard. 

    Te souviens-tu lors des diners de département lorsque vous m’invitiez à me joindre à vous? Cela m’a fait, encore une fois, réaliser que j’étais la bienvenue. 

    Te souviens-tu d’avoir sollicité mon opinion lors de débats houleux? Cela m’a montré que même si j’étais fraichement sortie de l’université, mon avis comptait aussi. 

    Te souviens-tu de m’avoir supportée lorsqu’un appel de parents m’avait gardée au téléphone et m’avait fait pleurer? Cela m’a fait comprendre que j’étais épaulée. 

    Te souviens-tu de m’avoir félicitée pour un projet qui t’avait inspiré? Cela m’a redonné confiance lors des journées où d’autres projets fonctionnaient moins bien. 

    Ce n’est parfois qu’un sourire, un salut dans le corridor, une porte tenue à l’entrée, un « bonne fin de semaine » lancé dans le coin d’une porte, un « ça va? » lors d’une journée difficile qui peuvent faire toute la différence auprès d’un.e jeune enseignant.e qui ne sait pas trop où mettre les pieds. Ce qui fait le plus du bien, c’est de se sentir accueilli.e. De savoir qu’on nous prend en compte, qu’on existe, qu’on a des forces qu’il est possible de partager. Merci de nous permettre de ressentir cet accueil, de laisser tomber la pression d’être nouveau. Vous faites une énorme différence dans notre parcours. 

    De la part d’une enseignante encore un peu nouvelle qui a bien hâte d’aider les prochains

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Nouveaux enseignants

    Première rentrée scolaire comme prof au secondaire; comment s’organiser?


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Félicitations! Vous avez reçu votre horaire, et c’est votre nom qui apparaît dessus. Votre première tâche d’enseignement, à vous, pour vrai! Et maintenant, le vrai travail commence. Je vous suggère donc quelques trucs pour bien vous organiser et faciliter votre gestion du travail pendant toute l’année. 

    La salle des enseignants : Si c’est votre première année dans cette nouvelle école, il vous faudra un bureau dans une salle d’enseignants. C’est la première chose à faire afin de pouvoir déposer vos effets personnels. Certaines écoles ont une organisation définie où les enseignants sont regroupés par matière, cycle ou programme particulier. D’autres écoles ont une organisation plus informelle. Demandez à vos collègues qu’ils vous renseignent à ce sujet. Une fois la salle d’enseignants choisie, installez-vous à un bureau libre et laissez-y des effets personnels afin d’identifier votre bureau. Vous n’êtes pas le seul nouvel enseignant à la recherche d’un bureau.

  • Enseignant en vacances,  Espaceprof,  Lâcher prise,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    La fin d’année a été difficile!


    Elisabeth Nelson Dupré

    Enseignante au primaire et au secondaire


    Une fin d’année émotive, non pas parce que j’étais fatiguée, mais bien parce que je m’étais réellement attachée à mes cocos! J’avais une classe parfaite pour ma personnalité! Je me suis tellement investie à fond. Il faut dire que j’avais des cocos à besoins particuliers et je voulais tellement qu’ils réussissent! Je voulais tellement qu’ils soient bien dans la classe, qu’ils se sentent aimés et compris. 

    J’étais madame Élisabeth du lundi au dimanche, le jour, le soir et la fin de semaine …. J’étais madame Élisabeth! Je pensais à mes élèves tout le temps, ce que je pouvais faire pour faire une différence dans leur quotidien! Le 22 juin est finalement arrivé, beaucoup de mes élèves ont pleuré… moi aussi d’ailleurs. J’ai lu la plus belle lettre que quelqu’un m’avait écrite dans toute ma vie …. Cette lettre, c’est une petite fille de 10 ans qui me l’a écrite. J’ai dû dire au revoir à mes 22 cocos. J’ai pleuré beaucoup aussi … c’était déjà terminé! Ça avait passé si vite! Et puis je me suis retrouvée seule à la maison … en vacances… c’est là que j’ai réalisé que je m’étais perdue en chemin … j’étais devenue madame Élisabeth, juste la prof de 5e année! 

    J’ai frappé un mur en commençant mes vacances… j’ai ressenti un vide profond … qu’est-ce que j’allais faire de mes journées? De qui allais-je prendre soin? … DE MOI, d’Élisabeth Dupré, la fille passionnée qui aime lire un bon roman, qui aime cuisiner, qui aime faire du vélo… J’ai pris du temps pour moi, juste moi … Je ne m’étais pas rendu compte que je m’étais oubliée durant ces 3 derniers mois. Ce contrat fut l’une des plus belles expériences de ma vie. J’ai tellement appris de mes élèves, de mes collègues, mais aussi sur moi … J’ai appris qu’il fallait que je prenne soin de moi quoi qu’il arrive, peu importe s’il y avait 22 autres petits humains qui avaient besoin de moi, je ne devais pas m’oublier…

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Reconnaissance

    Pourquoi l’enseignement?

    livre ouvert

    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement

    Instagram @madam.ejade


    Tu ne deviens pas prof au hasard. Tu le choisis. Il y a plusieurs raisons qui te poussent vers ce choix, mais on va les réduire à : l’amour de l’école, le désir de transmettre les apprentissages à autrui ou encore avoir un impact sur les générations d’humains à venir. Moi, ça a été un délicieux mélange de ces trois choix. Chaque être humain qui passe par l’école au Québec se rappelle de souvenirs positifs et négatifs. Je me souviens d’une prof en particulier qui m’a ébranlée pour le reste de ma vie.

    Je te mets au parfum :  3e secondaire, rentrée scolaire différente. Auparavant, nous étions dans une minuscule école secondaire dans laquelle il y avait seulement le premier cycle. Donc, en 3e secondaire, on entrait dans la cour des grands, on rentrait à la polyvalente. Du haut de mes 14 ans, légèrement rebelle et impressionnable, je me suis inscrite dans un programme de sport. Nous avions 7 cours d’éducation physique par cycle de 9 jours. Je ne te fais pas un dessin, la classe était majoritairement masculine. 21 garçons et 5 filles si je me rappelle bien. Notre enseignante, quant à elle, allait affronter une gang d’adolescents avec trop d’énergie. Au contraire, elle l’a mis à profit. Julie Vigneault-Champagne est une femme remarquable sous plusieurs aspects, elle en avait dedans. Gentille, passionné et pas impressionné pantoute. Pour elle, c’était une année remplie de défi avec des jeunes remplis de potentiels. C’est une femme de théâtre, de littérature et grand projet.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants

    Les premières années en enseignement (5)

    élève et sac à dos

    Après plusieurs années d’études, des stages en classe et bien des travaux théoriques, les jeunes enseignants sont souvent fébriles de commencer leur carrière et d’avoir enfin leurs élèves à eux. Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

    Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusionnement quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’il s’étaient imaginé. Pourtant, il ne faut oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

    Enseignant 5: Jeffrey

    Jeffrey a signé un contrat du 24 septembre au 10 mars. Il remplaçait un enseignant en pré-retraite et avait une tâche à 100%: 3 groupes de 3e secondaire en univers social et 3 groupes de 5e secondaire en Monde contemporain et éducation financière. Lorsque son contrat s’est terminé en mars, il a obtenu un autre contrat à 100%, cette fois-ci en adaptation scolaire, et ce, jusqu’à la fin de l’année.