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Comment régler un conflit avec un(e) collègue?

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Nadia Bélanger

Nadia Bélanger

Enseignante au secondaire


Au travail, comme dans la vie, il est normal de rencontrer des conflits avec les autres. L’important, c’est de les régler pour se sentir mieux avec nous-mêmes, mais aussi pour que l’autre personne impliquée se sente mieux. Cela est une belle preuve d’empathie, d’humilité, de maturité et de respect.

Évidemment, cela n’est pas une chose facile à faire, cela demande de la volonté à vouloir changer la situation conflictuelle. Voici des étapes qui peuvent vous aider:

  1. Prenez du recul face à la situation conflictuelle. Le stress, lié à la colère, à la tristesse ou à l’inconfort à la suite de l’événement, peut prendre jusqu’à 24h avant de disparaître du noyau de vos cellules. Cela a pour effet que les réactions, les paroles ou les comportements qui suivent le conflit peuvent être biaisés par le stress qui affecte votre jugement.
  2. Évitez de mettre au courant trop vite trop de personnes du conflit, surtout dans les 24 premières heures. Vous ne connaissez pas la perception de l’autre, vous vous trompez peut-être, vous avez peut-être vous-mêmes mal perçu la situation. Il est toujours plus difficile de reconnaître ses torts, plus facile de mettre la faute sur l’autre. Si vous avez besoin d’en parler ou d’avoir l’opinion de quelqu’un, l’idéal est de demander à quelqu’un de neutre, qui vous dira sans doute qu’elle aurait besoin d’entendre le point de vue de l’autre pour mieux comprendre à son tour.
  3. Fixez un rendez-vous le plus tôt possible avec l’autre personne, après avoir pris un temps de recul. Parlez alors au JE. Par exemple: « J’aimerais beaucoup qu’on se rencontre pour qu’on puisse revenir sur la situation dans le calme. J’aimerais comprendre notre conflit pour le régler ». Un collègue qui cherche à régler ses conflits fait preuve de maturité, mais aussi d’humilité: il est prêt à reconnaître sa partie de tort au besoin. 
  4. Le jour de la rencontre, apportez une feuille sur laquelle vous aurez inscrit tous les points que vous voulez aborder, car dans l’émotion, la mémoire fait parfois défaut! Parlez au JE. Soyez calme. Permettez-vous de pleurer si vous êtes triste, il n’y a pas de honte à cela. L’autre personne en face de vous n’avait sans doute pas pour intention de vous blesser ou de vous mettre en colère. Le conflit que vous vivez avec elle ne définit pas l’entièreté de sa personne. L’idéal, c’est qu’à cette étape, le conflit soit déjà réglé: il n’a pas pris trop d’ampleur, les collègues autour n’ont pas été contaminés par des perceptions et de fausses accusations et les deux personnes se sentent mieux.
  5. Si l’autre ne veut pas fixer une rencontre, ne laissez pas le conflit prendre de l’ampleur s’il vous affecte émotionnellement et psychologiquement. Demandez une rencontre avec la direction ou un représentant syndical, pour qu’un tiers neutre puisse agir comme médiateur. Les conflits qui s’étirent dans le temps peuvent affecter la santé mentale et, dans certains cas, peuvent mener à du harcèlement psychologique. Un conflit ne doit pas se transposer en violence, cela est inacceptable.

Bref, un conflit qui débute entre deux personnes devrait se régler entre ces deux mêmes personnes et dans des cas exceptionnels, nécessiter un tiers neutre comme médiateur.

Et à vous, l’autre, qui ne faites pas partie du conflit, essayez donc d’éviter de prendre parti si c’est pour mettre de l’huile sur le feu, ce conflit n’est pas le vôtre.

Un collègue m’a dit un jour: « Pendant que certains rampent encore, d’autres marchent debout ». L’adulte apprend à régler ses conflits, à la différence de l’enfant.

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