Alexandra Coutlée,  Enseignant connecté,  Espaceprof,  Pédagogie

Des geeks pédagogiques qui font de la techno!

Image par Wokandapix de Pixabay

Alexandra Coutlée Espaceprof

Alexandra Coutlée

Fondatrice et collaboratrice
Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire

Cet article est une traduction autorisée d’un billet originalement publié par Matt Miller sur son blogue: Ditch That Textbook

Voir l’original en anglais

Vous n’avez pas à être un geek, fan de technologie, pour l’utiliser en classe. La parcimonie a bien meilleur goût, et en faire trop peut même être contreproductif.

Il y a cette enseignante. Elle travaille peut-être dans votre établissement. Peut-être qu’elle est dans une autre école ou encore dans un autre coin de la province.

Et elle planifie et réalise en classe des activités technopédagogiques tout simplement époustouflantes… et complexes. Tellement qu’il vous est impossible de comprendre comment elle y arrive.

Elle utilise un buffet complet de sites, d’applications et d’outils numériques. Derrière ses activités, il y a des tonnes de concepts et d’idées.

Ses élèves font des activités d’apprentissage sur la guerre en Mésopotamie, sur la façon de combattre la faim dans le monde ET réfléchissent sur leurs objectifs de vie. (Du moins, ça semble être le cas). Et tout ça… ce n’était que sur le plan de cours de cette semaine!

On dirait que sa potion magique, c’est la technologie. Elle est une magicienne pédagonumérique. Une mage, une sorcière.

Elle lance un sort et ses cours et sa magie sont Google, Seesaw et Flipgrid et plusieurs autres outils dont vous n’avez jamais entendu parler… ou êtes même incapable de prononcer!

Elle devrait vous inspirer. Vous devriez voir ce qu’elle fait et avoir envie de développer votre propre magie!

Mais soyons honnête pour un moment.

Parfois, lorsque vous entendez parler de ce qu’elle fait en classe, vous avez plutôt l’impression que vous êtes, disons, un(e) enseignant(e) un peu moins extraordinaire.

Inférieur, même. Que c’est impossible de se comparer à ça. Il y a une petite part de vous-même qui se dit: « Si utiliser la technologie en classe, c’est ça… pourquoi est-ce que je me lancerais…»

En fait, ça m’a même amené à me dire: «Pourquoi je fais ce que fais, exactement ?»

(Si vous pensez que l’enseignante que j’ai décrit plus haut vous ressemble… alors s’il vous plaît, continuez à faire ce que vous faites. Soyez vous-même. Ce que vous faites n’est pas du tout mauvais! Sachez simplement que le reste de ce billet décrit comment d’autres autour de vous peuvent se sentir.)

Si vous vous êtes déjà senti comme ça, croyez-moi… vous n’êtes pas seul.

Parfois, on dirait qu’il faut un diplôme avancé en science informatique pour tout comprendre, pour être un(e) enseignant(e) qui maîtrise la technologie et lui faire faire ce qu’on veut.

Si ça aide, j’utilise la technologie en classe depuis des années et je forme des enseignants sur comment l’utiliser.

Je tiens même un blogue qui parle d’intégration de la technologie en classe!

Pourtant, il m’arrive souvent de ne pas être assez geek pour comprendre et utiliser toutes les nouvelles choses cool que je vois passer sur la technologie!

La vérité, c’est que ce n’est pas nécessaire.

Et j’ajoute que souvent, être super geek n’a pas nécessairement de lien avec la bonification des apprentissages pour les élèves.

Nous n’avons pas besoin de geeks qui enseignent…

J’adore cette citation de David Geurin. Il est directeur d’école et le gagnant du National Digital Principal of the Year de 2017.

Et malgré tout, il ne pense pas que d’être des geeks techno est la solution. Voici le reste de sa citation…

«We don’t need tech geeks who will teach. We need teaching geeks who will tech.»

Nous n’avons pas besoin de geeks technos qui enseignent, mais de geeks pédagogiques qui utilisent la technologie.

Je suis allé dernièrement à une présentation fort intéressante lors d’un colloque en enseignement. La personne qui présentait détaillait une activité faite en classe avec les élèves qui incluait plusieurs aspects technologiques. C’était vraiment complexe et bien réfléchi.

Pendant un moment, j’ai arrêté d’écouter et je me suis concentré sur les enseignants dans la salle.

Leurs yeux étaient rivés sur le présentateur. Je ne suis pas convaincu, par contre, qu’ils étaient absorbés par les détails de l’activité afin de l’utiliser en classe à leur retour. 

C’était une forme de divertissement, comme écouter un drame policier à la télé avant d’aller se coucher.

C’était un moment «wow, c’est cool»… et puis on passe à autre chose.

Ce sont lors de ces moments que nous tendons à nous diminuer en tant qu’enseignant.

On voit cette enseignante dans notre établissement. Ce deuxième enseignant lors d’une conférence.

Et ça peut nous amener à diminuer ce que nous sommes en tant qu’enseignant.

Être présent sur les réseaux sociaux (Twitter surtout pour moi) peut me donner de bonnes et grandes idées et peut m’inspirer. Mais peut aussi aggraver ce sentiment.

Ces enseignants, à ce que je peux voir, sont vraiment des geeks pédagonumériques… ET ils enseignent. Alors est-ce que c’est la réponse?

….Nous avons besoin de geeks pédagogiques qui utilisent la technologie.

Est-ce que la technologie est la réponse?

Non. Je ne pense pas.

L’apprentissage peut se perdre dans tout ce monde de geeks. Les élèves peuvent être engagés dans un outil pédagonumérique jusqu’aux oreilles… et passer à côté de l’objectif pédagogique.

L’apprentissage peut être bonifié par la technologie. Mais parfois, utiliser le super truc de geek est plutôt pour nous et n’ajoute pas à l’objectif d’apprentissage.

Gardez vos yeux, vos oreilles et votre esprit bien ouverts aux nouveaux outils numériques qui sont vraiment utiles-utiles pour VOUS et VOS ÉLÈVES- et qui peuvent avoir un impact sur votre pédagogie.

Soyez à l’affût de ceux qui peuvent faire avancer l’apprentissage. Ensuite, faites-en vos piliers, les catalyseurs d’enseignement et d’apprentissage sans qu’ils deviennent eux-mêmes les vedettes.

Je crois que trop de technologie peut être une mauvaise chose. (Ne rejetez pas totalement la technologie, par contre. Lorsqu’utilisée avec une intention pédagogique, elle peut transformer l’apprentissage).

Donc… de quoi avons-nous besoin?

De la bonne dose.

Comme une pincée de sel dans un mets qui rehausse celui-ci.

Un petit peu de techno- au bon endroit- peut rehausser votre pédagogie! 

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