Alexandra Coutlée,  Espaceprof,  Santé mentale,  Santé Physique

Encore malade pendant mes vacances…

Image par silviarita de Pixabay

Alexandra Coutlée

Alexandra Coutlée

Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire, fondatrice d’Espaceprof


L’an dernier, à la semaine de relâche, nous avons décidé de partir en voyage. Une semaine dans un tout-inclus…. j’ai dormi 14-16 heures les 4 premiers jours. J’ai donc profité plus du lit de l’hôtel que de la vue de la mer sur mon balcon. Je ne suis pas la seule, plusieurs de mes collègues reviennent des vacances des fêtes en me disant qu’ils ont attrapé rhume, grippe, gastro ou autre et n’ont pas vraiment profité des vacances! L’été, on dit souvent qu’on passe les 3-4 premières semaines en convalescence avant de pouvoir en profiter! Et c’est souvent le cas aussi les fins de semaine!

Les personnes aux prises avec cette problématiques ont souvent en commun les mêmes symptômes, et ce, bien avant les vacances. Des problèmes de migraines, de nausées, des douleurs, de la fatigue… et même des rhumes plus fréquents. Ils ont également plus de difficulté à relaxer et pensent souvent au travail à la maison… des difficultés à décrocher, quoi. Quand le congé arrive: BOUM! c’est la totale. Le corps n’en peut plus et rien ne va plus. Après avoir tenu le coup si longtemps, le temps d’arrêt semble être le moment pour notre corps de dire: « Je ne suis plus capable de tenir le coup. »

La recherche

Ce phénomène porte plusieurs noms quand on fait un peu de recherche sur Internet. On l’appelle « la maladie des loisirs » majoritairement et ce n’est pas exclusif au milieu de l’enseignement. Plusieurs personnes, dans bien des métiers, vivent la même chose. Deux chercheurs de l’Université de Tilburg en Norvège se sont d’ailleurs penchés sur la question. Ils ont tout d’abord bâti un questionnaire afin de comprendre les habitudes de vie des gens aux prises avec cette problématique et ont demandé à 100 personnes d’y répondre. Ils ont ensuite comparé les résultats avec le même questionnaire rempli par 50 personnes n’ayant pas cette problématique. Le but : essayer de trouver des différences dans les habitudes de vie des gens et ainsi pouvoir cibler ce que l’on doit modifier.

Dans notre tête?

Les résultats de cette étude? Il n’y a rien dans les habitudes de vie ou les conditions de vie des deux groupes qu’on peut cibler. La maladie du loisir touche donc les gens sans se soucier de leur style de vie! Les chercheurs ont établi qu’il s’agissait de raisons comportementales. C’est donc dans notre tête que ça se passe. On peut en être victime en étant mère de quatre enfants autant que célibataire sans enfants. Moi, je vois ça très positivement, car ça veut dire que je peux donc faire quelque chose! C’est modifiable par ma propre façon d’être et non en modifiant ma situation de vie… ce qui n’est pas toujours possible! Et l’étude conclut aussi que ceux qui arrivent à équilibrer leur vie et ne pas arriver au vacances brûlés ne s’investissent pas moins ou ne sont pas moins “travaillants”. On peut donc être un enseignant passionné et crinqué ET ne pas arriver brûlé aux vacances.

Mes solutions

L’étude, bien qu’intéressante, ne fournit pas de pistes (hormis de la thérapie comportementale avec un psychologue…), mais m’encourage à travailler l’équilibre, car je sais que j’ai le contrôle sur ma situation. J’ai donc essayé quelques petits trucs que je vous partage:

  • Je me force à déconnecter de plus en plus. Je travaille encore souvent de la maison, car j’aime beaucoup ce que je fais, mais je me force à déconnecter plus tôt le soir ou à me garder une plage horaire la fin de semaine où j’arrête complètement.
  • Pour m’aider dans cette déconnexion, je quitte la maison… et surtout mon ordi. Bien sûr, les voyages aident, mais ne sont pas disponibles tout le temps. Une marche, un randonnée en montagne, du ski de fond ou encore un café chez une amie m’éloigne des tâches que j’accomplirais à la maison si j’y restais.
  • J’allège mon horaire. Je suis de plus en plus consciente que j’ai tendance à en mettre trop à l’horaire. J’essaie donc d’avoir une vue d’ensemble de ma semaine et j’apprends à ne pas trop en mettre. Le rendez-vous chez le dentiste n’a pas à être la même semaine que mes deux autres rendez-vous. Ce n’est pas toujours parfait, mais je tente d’alléger la semaine et de me laisser des journées libres. Avoir quelque chose chaque soir et un souper d’amis la fin de semaine en plus d’une semaine chargée est quelque chose à éviter.
  • J’apprends à dire non. C’est le plus difficile… et je n’y arrive pas encore parfaitement… mais j’apprends à refuser des projets, car j’en ai déjà trop… à dire non à une invitation à un 5 à 7, car la semaine est déjà pleine… à ne pas embarquer dans tous les comités et me respecter. C’est un combat quotidien.

Et vous? Comment allez-vous éviter d’arriver “brûlés” aux prochaines vacances?

Vous avez aimé l’article d’Alexandra Coutlée? Consultez sa page pour voir ses autres publications!

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *