Communication avec les parents,  Entraide,  Goldrick Noel

Et si on ouvrait les portes de la classe?

Image par Ryan McGuire de Pixabay

Goldrick Noel

Enseignant au primaire


Je n’ai pas vécu les années où l’Église dominait le monde de l’éducation, mais j’en sais assez pour savoir que plusieurs choses ont changé. Certains changements ont amené de bonnes choses et d’autres sont moins agréables à vivre.

Par exemple, il fut un temps où ce sont les enfants qui devaient répondre de leurs actes lorsque venait la saison des bulletins. Cependant, les réformes ont donné des mots de tête aux parents qui n’arrivent plus à suivre ce que leurs enfants apprennent. Cela a rehaussé la charge des enseignantes qui du coup sont devenues la pièce maîtresse d’un enseignement où c’est normalement l’enfant qui doit développer ses compétences en s’engageant dans son apprentissage. Les années se succèdent et de plus en plus, ce sont elles que l’on pointe du doigt pour les mauvais résultats scolaires.

Et si nous acceptions l’idée que la qualité de notre enseignement est compromise lorsque nous sommes seules? Et si nous acceptions l’idée que les principaux alliés que nous devrions avoir sont les parents? Et si nous acceptions l’idée qu’avec tout ce qui se passe dans le quotidien de nos élèves, le pouvoir de notre influence est bien trop petit pour qu’on prenne toute la responsabilité au détriment de notre énergie, de notre santé, de notre humeur?

Bref, et si on plaçait les parents dans une position où ils ont un rôle clair à jouer et où ils pourraient eux-mêmes évaluer la qualité du soutien qu’ils apportent? On sait déjà que la supervision des devoirs est une tâche difficile dans plusieurs familles et qu’ils en ont horreur presque autant que les élèves! Mais nous pouvons aussi leur proposer autre chose.

Je vois une situation où l’on se présente comme des enseignantes qui ont à coeur le succès des élèves, mais que seules, notre enseignement risque d’être moyen. Juste assez bon pour les élèves qui sont déjà forts. Par contre, avec l’aide des parents, on peut décupler la qualité de cet enseignement et faire d’eux des atouts majeurs dans la réussite de l’élève. Je vois des engagements comme :

  • La création d’un lieu réservé aux devoirs et aux études.
  • Un suivi des activités qui ont été faites en classe.
  • Une discussion honnête et régulière sur les attentes des parents envers les élèves.
  • Une discussion honnête sur leur manière de gérer les conflits.
  • Une ouverture face aux émotions qu’ils vivent lors d’un conflit.
  • Une aide pour apprendre aux élèves à gérer la gestion de priorités.
  • Une aide pour apprendre aux élèves à bien organiser leur temps.

Le but est d’encourager les parents à se renseigner sur ce qui se passe en classe et à influencer le quotidien académique des enfants de manière régulière. 

La formule que je propose tourne autour de missions pour les parents et les élèves : “La mission de cette semaine est de faire le point sur ce qu’on a besoin de faire pour se préparer à la prochaine évaluation et d’organiser son horaire en conséquence.” Cette façon de faire crée un lien naturel entre la maison et la classe, donnant ainsi l’impression que l’un est la continuité de l’autre et que les parents sont aussi engagés que les enseignantes. Au bout du compte, cette ouverture des portes de la classe augmente le soutien que reçoivent les élèves, rassure plusieurs d’entre eux et augmente la qualité du climat de classe.

Comment installer le tout? Votre façon est la bonne, car la solution ne réside pas dans le “comment ça se passe.” Il réside dans le “ce que vous voulez qu’il se passe.” Faites-vous confiance et laissez savoir à vos parents que vous êtes bien meilleures quand tout le monde travaille ensemble.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *