Développement professionnel continu,  Lysiane Dallaire

J’ai marché dans leurs souliers

Image par Free-Photos de Pixabay

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Lysiane Dallaire

Enseignante au primaire


Je suis devenue enseignante il y 11 ans maintenant. Si on m’avait dit qu’entre temps, j’aurais changé de matière, de niveau et d’école autant de fois, je ne sais pas si j’y aurais cru. Cette année est l’année de tous les chapeaux. Mon talon de paie disait encore jusqu’à la semaine dernière que j’étais enseignante d’anglais au primaire. Pourtant, cette année, je n’aurai été enseignante que quelques semaines. 

Travailler avec les gens, c’est ce qui me passionne. Je suis aussi une personne qui adore aider et relever de nouveaux défis. C’est pourquoi depuis quelques années, j’accompagne les nouveaux enseignants d’anglais de mon centre de service. Prendre soin des autres, le plus près possible de leur réalité, c’est ma façon d’intervenir. 

La COVID aura changé bien des choses et peu à la fois. Mon désir de mettre à profit mes idées a toujours été là. Le retour à l’école en mai dernier a cependant amené son lot de changements. L’urgence, la quantité de travail à abattre en peu de jours a révélé chez moi des capacités d’organisation (des petites affiches, des protocoles, des horaires et le ruban à mesurer!!!!). C’est pourtant de là que l’idée a germé de devenir gestionnaire. 

Je viens d’une famille d’enseignants, il y a autant d’opinions sur les directeurs d’école qu’il y a d’enseignants dans cette dernière. Je ne pensais jamais, lorsque j’ai gradué, que je me dirigerais peut-être vers cette voie. Je me souviens même d’avoir demandé à ma directrice: “Mais pourquoi? Pourquoi vouloir travailler dans les problèmes, l’urgence, les budgets, la pression, pourquoi?” Son sourire avait été sincère quand elle avait réponfu: « Pour aider, pour trouver des solutions, pour mener à bien des projets, pour guider une équipe à faire ce qu’elle peut faire de mieux. »

Il m’a fallu y goûter pour comprendre. Je ne recule jamais devant un défi, surtout quand il est lancé de bon cœur par des personnes qui croient en moi. Je suis choyée d’avoir pu effectuer des tâches de direction adjointe cette année dans une équipe si bienveillante. 

Aujourd’hui, c’est un autre défi qui m’est proposé, celui d’être conseillère pédagogique. Encore un autre univers à découvrir, des enseignants à accompagner, des élèves à toucher, même si c’est indirectement.

Tout ce que je sais, c’est que ce qui guide ma passion, c’est toujours ce goût d’aider les autres, de rassembler les gens et de les aider à cheminer. La morale de cette histoire, c’est qu’il faut savoir garder les portes ouvertes. L’avenir ne nous attend pas toujours là où on pensait qu’il serait. 

C’est une année où j’aurai vraiment porté tous les chapeaux, mais aussi une année remplie de bienveillance et d’apprentissages. 

Je ne sais pas encore ce que l’an prochain me réserve, enseignante, conseillère pédagogique ou directrice, il y a peut-être quelques gestionnaires qui ont une petite idée, mais pas encore moi! Avoir occupé toutes ces fonctions cette année m’aura certainement permis de toujours garder mes lunettes bienveillantes pour les enfants et surtout pour ceux qui en prennent soin. Je suis maintenant persuadée qu’il est possible d’occuper toutes ces fonctions sans oublier ce que c’est que d’avoir une mauvaise période avec un groupe, que de perdre sa mitaine préférée, que d’avoir à appeler un parent anxieux ou d’avoir à brancher l’écran trois minutes avant le début du cours. 

Il y a une expression qui dit que nous ne devrions pas juger de la vie de quelqu’un d’autre sans avoir marché un mille dans ses souliers. Vous devriez essayer, ça donne un point de vue différent, mais ça développe aussi des passions. 

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