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La pression disparue des évaluations

Image par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

Alexandra Coutlée

Alexandra Coutlée

Fondatrice, conseillère pédagogique en intégration du numérique au primaire et au secondaire

www.alexandracoutlee.com

Les débats sont bien présents sur les réseaux sociaux. Beaucoup de questionnements restent sans réponse et sans solution. Les enseignants sont présentement bombardés de ressources, d’articles sur des activités à faire à la maison, sur des outils autrefois payants qui offrent présentement une gratuité. Pour plusieurs, tout ça est très angoissant… On ne sait pas par où commencer.. ou même si on doit commencer! Rien n’est clair. Nos repères sont flous. 

Les examens du ministère ayant été annulés, on peut souffler un peu. Nous n’avons pas cette pression de devoir à tout prix “couvrir la matière” qui se retrouvera à l’examen. Et si cette pression de résultats et d’examens disparue nous aidait, en tant qu’enseignant, à découvrir une autre façon de faire? Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’aimais le plus dans mon rôle d’enseignant n’était pas la surveillance des examens de fin d’année… Trois heures à marcher dans les rangées… Ce n’était pas non plus cette correction de fin d’année interminable où mes commentaires ajoutés ne servaient à rien d’autre qu’à justifier ma note si jamais on la contestait…puisque les élèves ne reverraient jamais cette copie.

Et si présentement, on découvrait le plaisir d’apprendre? Et si ce canevas pas clair, mais qui a perdu sa rigidité, nous permettait d’être libre de partager avec nos élèves autre chose? Si ce moment nous permettrait de nous recentrer sur la relation enseignant-élève, celle qui est si essentielle à l’apprentissage?

Reproduire à distance le même modèle? Chercher des solutions pour faire passer notre examen de grammaire à distance? Non merci! Pourquoi ne pas en profiter pour voir les choses autrement, pour laisser aller notre créativité et faire vivre le plaisir d’apprendre autrement?

Est-ce qu’on rejoindra tous les élèves? Bien sûr que non. C’est pourquoi je crois bien humblement qu’il ne faut pas miser sur la matière présentement. Je vois ce moment comme le vendredi d’avant la relâche. Vous savez, celui où seulement 8 élèves de mon groupe 36 s’étaient présentés. Il ne me serait pas venu à l’esprit de préparer les élèves à un examen ce jour-là. J’en ai profité pour prendre du temps pour jaser avec ceux qui étaient là, à jouer à des jeux de société (en anglais, bien sûr, étant enseignante d’anglais), et…ouii,ouii à écouter un film en leur donnant la permission de faire du popcorn!!!

J’en ai aussi profité pour apprendre à mieux connaître ces 8 élèves. J’avais enfin du temps pour que Jonathan me parle de ses mangas ou que Coralie me fasse découvrir son sens de l’humour… celui que je ne vois pas quand j’ai 32 élèves en classe. Nous sommes bien plus que des “donneux de matière”.

En attendant des consignes claires, prenez ce moment pour travailler la relation enseignant-élève, réfléchissez à ce que votre vie d’enseignant aurait l’air si vous n’aviez pas la pression des évaluations et que pouviez juste donner le goût d’apprendre…et prenez soin de vous!

#çavabienaller

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One Comment

  • Marie-Christine Roy

    Tellement bien dit! Je pousse même l’idée plus loin: puisque chaque enseignant sera responsable de communiquer avec une quinzaine d’élèves durant la quarantaine (du moins, à notre école), pourquoi ne pas reprendre ce système en début d’année scolaire pour les niveaux qui n’ont pas de titulaire ou de tuteur assigné au secondaire? Peut-être ainsi que tous les élèves auraient le bonheur d’être mieux connus, sans exception, par au moins un enseignant. Food for thought…

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