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La techno!

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Lysiane Dallaire Espaceprof

Lysiane Dallaire

Enseignante au primaire


Dans la vie de tous les jours, avant la COVID-19, je suis spécialiste au primaire en anglais langue seconde. J’enseigne joyeusement à des élèves du 3e cycle et à des groupes d’adaptation scolaire. Je suis aussi enseignante ressource auprès de collègues, eux aussi enseignants d’anglais. Je n’ai pas d’enfants, pas de maison à entretenir, mes parents se portent bien. Bref, j’ai habituellement pas mal juste moi à gérer dans ma vie personnelle. Ma job, j’en mange. J’ADORE ma job. Je vous en ai parlé, mais cet arrêt m’a mise devant un certain vide. Ne vous trompez pas, j’ai adoré mon mardi matin en pyjama sous la grisaille à savourer un deuxième latte devant un roman, mais j’ai quand même pas mal de temps devant moi. J’étais déjà pas pire bonne avec les ordinateurs. Je me débrouille généralement bien quand un collègue déboule dans ma classe parce que son TBI ne fonctionne pas ou que les ordinateurs du labordinosaure refusent de collaborer. Je parle extension, plug-in, tutoriel, plateforme, mise à jour et cie. dans mon quotidien. Y’a certaines choses que je n’approchais pas beaucoup par choix, par préférence. (les robots, ouff!). J’avais d’autres filières remplies de “j’aimerais donc faire ça…” (avoir un site web, faire un échange linguistique virtuel, etc.) 

Je suis généralement celle qui a les idées, mais j’ai moins de patience pour explorer. Quand je me mets à quelque chose, ça a intérêt à marcher, j’ai pas de temps à perdre à chercher le lien ou le piton ou la patente qui m’empêche d’avancer, j’ai quand même pas mal de connaissances de base qui m’assurent une certaine efficacité. La techno est au service de mes élèves, de mon enseignement, de mon efficacité. Et là, BAAAAAAAAAAAMMMMMMMMMMM, du jour au lendemain, du temps. BEAUCOUP DE TEMPS. De l’anxiété aussi. Je n’ai pas d’enfants. J’ai juste des élèves. Des élèves qui sont les miens depuis six ans. Y’a fallu m’occuper. Me sentir utile. Je vous en ai déjà parlé dans un billet précédent. J’ai donc mis au premier plan les apprentissages techno. D’une part pour garder le contact avec mes précieux et si charmants élèves de l’école Prévost (ce sont les meilleurs de la province), mais aussi pour empêcher mes neurones de capoter d’ennui ou d’anxiété. 

J’ai tiré quelques conclusions qui sont valables pour toute appropriation d’outils technologiques. Je vous partage mon petit grain de sagesse acquis dans les dernières semaines. 

Voici le TOP 5 des conditions gagnantes pour s’approprier de la techno: 

1- TROUVER UN AMI 

Il est plus facile de s’approprier un nouvel outil technologique quand on le fait à deux. On peut combler les lacunes de l’autre. On retient aussi des informations différentes, on accroche sur des détails complémentaires. Dans les situations où tout “fouerre”, c’est plus facile d’en rire que d’en pleurer lorsqu’on est deux. Il y a alors une autre personne pour transformer le moment éducatif en apéro hâtif. 

2- SE DONNER LE LUXE DU TEMPS

C’est long s’approprier un outil. Essayez de montrer à votre grand-mère comment utiliser Facebook… vous verrez c’est long! En ce moment, plusieurs d’entre nous avons le luxe du temps. C’est le moment d’explorer sans pression, d’oublier les échéanciers, de se donner le temps de se tromper, de changer d’idée, d’être curieux. Il faut avoir l’audace de faire des essais et des erreurs. Il faut oublier aussi la notion de performance. Il se peut que le temps mis à explorer ne donne pas des résultats à la hauteur de ce qu’on produit habituellement. Il faut du temps pour devenir efficace. 

3- AVOIR UN GEEK DE SERVICE SOUS LA MAIN

Je suis chanceuse, j’ai des gens plus expérimentés que moi en matière de technologie dans mon entourage. Dans nos commissions scolaires, on a des CP TICS, des contacts au RÉCIT des langues, des techniciens en informatique qui sont des ressources et qui attendent parfois seulement le courriel ou l’appel avec le projet qui nous brûle le bout des doigts. On a aussi parfois un collègue plus habile avec les fils et les écrans qui peut nous aider aussi à apprivoiser les nouveaux outils. 

Quand j’ai une question, j’ai toujours une personne vers laquelle me retourner. Des fois, j’ambitionne aussi…Les CP techno de ma commission scolaire ont une affichette sur leur bureau: “Dans le jus, demande à Google. #tcapable” – (une inspiration de Marius BourgeoysEscouade EDU). Je suis paresseuse. Je demande toujours à Alexandra (CP TIC) en premier. J’aime l’humain. L’humain, il accepte que je dise : “Mais là, c’est-tu le bon piton?” et que j’envoie trois impressions d’écran d’affilée pour être certaine. L’humain est mon ami, mais bon, l’humain a une vie. Quand il répond pas, YouTube est clairement ton ami. Il y a des tutoriels pour TOUT. Des fois, l’humain m’envoie le tutoriel. C’est pas pareil que de jaser face à face avec la personne et qu’elle le fasse avec toi, c’est pas un beau courriel détaillé et personnalisé à ton niveau d’expertise, mais c’est nettement mieux que “Dis Siri, comment je fais pour créer un site web?” L’humain qui choisit et sélectionne le tutoriel, c’est quand même bien. Tu peux aussi être cet humain pour quelqu’un d’autre et, toi aussi, tu as le droit de faire suivre un tutoriel quand tu es trop occupé pour répondre. 

4- EN FAIRE UN PROJET PERSONNEL

Si on calcule que je ne rejoins que le tiers de mes élèves, le temps passé à créer mon site web est un peu disproportionné. Par contre, si on tient compte du fait que j’ai depuis longtemps l’envie de faire un site web, on constate que les heures mises à mettre en ligne ce site web en valent la peine. J’aime partir d’une question. Souvent je demande à “mon geek de service” : “Y a-t-il un moyen de…” ou “Est-ce possible de faire…” et elle me sort 2-3-4 outils et on discute de ce qui est préférable dans cette situation. Le projet vient de moi. Je suis celle qui connaît mes élèves, les contraintes de ma classe, les préférences de mes collègues, le matériel disponible, etc. Au départ, les choix sont faits en fonction de ce qui fonctionne dans ma réalité. 

5- DEVENIR UN PROF

Y’a aucun meilleur moyen pour s’approprier un outil techno que de devoir l’expliquer à quelqu’un d’autre. J’ai appris à faire un site web et, trois jours plus tard, j’expliquais à mes collègues comment faire le leur. Je suis devenue leur “geek sous la main”. J’ai créé mes propres tutoriels à leur envoyer. J’ai gagné en vitesse et en rapidité sur mon propre site web. C’est dans notre ADN de prof que d’expliquer les choses. J’ai appris à ma mère à faire des Google Meet, à ma soeur à partager le contenu de son Drive, à mes élèves à m’envoyer leurs travaux en documents collaboratifs. Je ne suis plus dans une école, je n’enseigne pas beaucoup l’anglais, mais je suis toujours prof. 

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