Alexandra Coutlée,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Santé mentale

Le stress de la rentrée chez les enseignants


Alexandra Coutlée

Enseignante au secondaire et fondatrice d’Espaceprof


La semaine dernière, alors que j’admirais les paysages magiques de l’Irlande, mon chum m’a lancé un : “Tu es stressé de ta rentrée, hein?” Quoi? Mais non! J’étais tout à fait zen à essayer de vivre le moment présent, à me remplir de toute cette beauté pour pouvoir m’y référer lorsque les semaines seront plus difficiles ou plus chargées. Alors pourquoi avait-t il l’impression que j’étais stressée? Parce que je passais mon temps à parler du travail. Malgré mes efforts pour décrocher, le spectre de la rentrée était bien présent, et mon cerveau, déjà en mode “début d’année”.

Notre cerveau d’enseignant est souvent en mode prof. On arrive, pour plusieurs, à décrocher après quelque temps, mais ça revient vite au galop. Mais le mot stress m’a heurtée. Moi qui fais tant d’efforts pour être zen, prendre soin de moi, apprendre à décrocher… est-ce que de parler et de penser au travail à quelques semaines du retour fait de moi quelqu’un de stressée? Et qu’est-ce qui me stresse exactement?

Qu’est-ce que le stress de la rentrée?

Une recherche rapide sur Internet m’a permis de trouver des définitions du stress. On définit le stress comme étant une réaction de l’organisme à une agression, un choc physique ou nerveux ou encore à une situation de tension nerveuse excessive, traumatisante pour l’individu.  Avoir mentionné quelques fois le travail en voyage, me demander où sera mon bureau et planifier à voix haute ce que je vais mettre en place et mettre de côté pour la prochaine année scolaire n’est pas vraiment une agression ou une situation traumatisante. Le mot stress n’est peut-être pas le bon mot alors.

Par contre, je me souviens des années où mon poste, non permanent, n’était pas encore défini à deux jours de la rentrée. Ou encore d’être ressortie d’une séance d’affectation en refusant une tâche à seulement 40%… me disant que même avec de la suppléance et un emploi à l’épicerie la fin de semaine, j’aurais de la difficulté à joindre les deux bouts et à subvenir seule aux besoins de ma petite famille. Même en situation de pénurie comme nous le vivons présentement, plusieurs enseignants sont encore dans cette situation. Et cette fois-ci, j’avoue que ce qu’ils vivent est une situation de tension nerveuse excessive… 

Changer d’école, une situation stressante?

Plusieurs changeront d’école. Ce fut mon cas à plusieurs rentrées scolaires. Le changement le plus difficile pour moi fut un choix forcé et non choisi. Étant excédentaire dans mon école, j’avais dû choisir un autre poste et quitter une école que j’aimais et des collègues en or. Situation stressante? Oui, mais on ne parle pas ici de situation traumatisante. En cherchant le terme juste, je dirais plutot que j’avais le trac. La définition du trac à la suite d’une autre recherche sur le web? Une peur ou une angoisse que l’on ressent avant d’affronter le public d’élèves, de subir une épreuve, etc. Ce trac était un peu plus gros, car tout était nouveau, mais ce trac, je l’ai chaque année.

La beauté de notre métier, c’est que chaque année est un nouveau chapitre qui débute. En fait, c’est ce que j’adore de ce métier. Il y a une certaine routine, routine dont j’ai besoin pour gérer mon côté anxieux. Mais il y a toujours du mouvement et du changement, dont j’ai ABSOLUMENT besoin pour ne pas trouver ça ennuyant. Donc chaque année, le trac revient. Affronter un nouveau public, de nouveaux collègues, un nouvel environnement… mais je n’aime pas le mot “affronter”, Car ce n’est pas quelque chose de négatif.

L’anticipation

Je choisis donc un nouveau terme. Je ne vis pas le stress de la rentrée. J’anticipe ma rentrée. Anticiper, c’est un mouvement de la pensée qui imagine ou vit d’avance un événement. Anticiper c’est bien se préparer, c’est planifier. Anticiper c’est notre imagination et notre pensée, et il est donc possible d’anticiper positivement ou négativement les événements. C’est donc un choix. Oui, oui, un choix. Je peux choisir d’anticiper ma rentrée en voyant les difficultés, le lot de travail, la fatigue… mais je peux aussi choisir d’anticiper ma rentrée comme un cadeau. Comme ce moment avant de déballer un présent ou encore ce moment de planification d’un voyage ou l’on rêve des aventures qui nous attendent. Je ne vis donc pas de stress de la rentrée, je l’anticipe et j’ai hâte de relever tous les nouveaux défis qui s’offriront à moi!

Bonne rentrée, chers collègues!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *