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Les parents exigeants ou comment mettre une pression inutile sur le dos de son enfant

Image par Luisella Planeta Leoni de Pixabay

Marie-Claude Pilote Espaceprof

Marie-Claude Pilote

Enseignante au secondaire


Dans mon premier billet, je vous ai mentionné que mon passage du privé au public m’a amenée à enseigner au PEI (Programme d’enseignement international ou intermédiaire, c’est selon). La semaine dernière, j’ai vécu ma première rencontre de parents avec cette nouvelle réalité. Bien humblement, je vous avoue que je l’anticipais un peu. Mes nouveaux collègues me disaient que certains parents étaient intenses et exigeants. Je me rassurais et me disais: « Ce doit être le même genre de parents qu’au privé. »

Le constat

Ce que j’y ai vécu ressemble beaucoup au monde du privé: des parents impliqués, qui ont l’éducation à cœur, qui veulent le mieux pour leur enfant. J’ai aussi rencontré une catégorie « à part »; une catégorie de parents qui ne sont pas satisfaits d’un 84%, qui veulent que leur fille qui a 92% se « force un peu » pour atteindre 95%.

La réflexion

J’ai pris quelque temps pour réfléchir à cette deuxième catégorie en me demandant ce que l’enfant pouvait ressentir avec des parents comme ceux-là. Comment cet ado de 13 ans qui obtient 86%, qui selon moi est un excellent résultat, partage cette note avec ses parents en anticipant peut-être leur déception…Parce qu’à la base c’est ça qu’ils vivent: la peur de les décevoir. On sait que dans le milieu de l’éducation, les élèves et les étudiants vivent de plus en plus d’anxiété de performance. Ils ne sont pas bien en évaluation, ne savent pas comment gérer leur stress. Est-ce que les placer volontairement dans un milieu compétitif comme au PEI est la chose à faire ? Mes élèves sont en première secondaire, ils ne ressentent pas encore tout à fait ces effets, mais je me dis: « Quand ils seront en 4e et 5e secondaire…? ». Ma mission Je me suis promis que j’allais travailler très fort pour ne pas instaurer un climat de compétition malsain dans mes classes, que j’allais tenter de les « préserver » du stress scolaire. Est-ce que je réussirai ? Je vous en reparlerai certainement dans mon billet de fin d’année, quand je ferai le bilan de cette année remplie de surprises.

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