Alexandra Coutlée,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nouveaux enseignants

Les premières années en enseignement

Après plusieurs années d’études, des stages en classe et bien des travaux théoriques, les jeunes enseignants sont souvent fébriles de commencer leur carrière et d’avoir enfin leurs élèves à eux. Malheureusement, plusieurs d’entre eux quittent dans les cinq premières années de carrière. Selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, c’est 25% des nouveaux enseignants qui quittent le métier,  une perte considérable de potentiel de relève.

Plusieurs raisons expliquent leur départ: tâche lourde ou partielle, instabilité d’emploi ou désillusionnement quant au métier qui est plus difficile qu’imaginé. Plusieurs vivent une ou des premières années loin de ce qu’il s’étaient imaginé. Pourtant, il ne faut oublier les 75% qui restent et qui ont trouvé comment mieux vivre les débuts dans ce métier. Je vous présente donc cinq jeunes enseignants qui ont gracieusement accepté de me partager leurs bons coups et leurs conseils aux nouveaux enseignants!

Enseignante 1: Anne

Anne a signé une tâche à 26% en début d’année, soit un seul groupe de 1re secondaire. Ce petit morceau de tâche s’est vite transformé en 41% à la suite de l’ajout d’un groupe d’art dramatique en 3e secondaire et du tutorat. En 1re, secondaire elle a découvert un groupe d’élèves forts et allumés à qui il était très agréable d’enseigner. Son groupe d’art dramatique était un peu plus un défi. Composé uniquement de garçons d’un profil sportif, il fallait trouver des idées pour les faire bouger et des projets qui rejoignaient leurs champs d’intérêt. Anne a su s’adapter et avoir beaucoup de plaisir avec eux.

Elle a dû également s’adapter à des changement de tâche au courant de l’année. À deux reprises, on lui a ajouté des groupes et varié son pourcentage de tâche pour pallier les remplacements de collègues en congé de maladie. Mais Anne ne regrette rien de cette année scolaire. Son coup de coeur sont ses élèves. Ils restent, après tout, la raison pour laquelle elle a choisi ce métier.  C’est sa grand-mère, qui a enseigné pendant 40 ans, qui lui a inspiré l’amour du métier.

Elle a dû par contre gérer le stress de l’instabilité de la tâche et tenter d’avoir un bon équilibre de vie personnelle et de vie professionnelle. Ses collègues ont été précieux pour l’épauler. Lors de ses nombreuses remises en question durant l’année scolaire, c’est le soutien de son entourage qui l’a aidée à voir plus clair.

Si c’était à refaire, Anne prendrait les choses un jour à la fois, ce qu’elle dit ne pas avoir fait en début d’année. Elle refuserait également certaines tâches proposées afin de préserver sa santé physique et mentale. Elle sait maintenant où sont ses limites. Elle suggère aux nouveaux enseignants d’y aller un jour à la fois et de faire une liste des choses qui sont prioritaires et moins prioritaires. Il n’y a, après tout, que 24h dans une journée. Il est donc inutile de vouloir tout faire en même temps. Sinon, et bien l’épuisement nous guette, et on perd alors notre objectif et le sens de ce qui nous a fait choisir cette profession.

Elle sera de retour en enseignement l’an prochain, mais ne sait ni où ni à quel niveau. Elle envisage également un retour aux études et vise des études supérieures en éducation.

One Comment

  • Ahmed Elyaagoubi

    L’identité professionnelle et l’insertion professionnelle dans le domaine de l’enseignement sont difficiles ā définir , vu les aléas qui s’entremêlent.
    Je pense que l’un des problèmes difficiles ā résoudre pour arrêter ce désengagement réside au niveau des conditions de sélections , de formation et de suivi .
    Certes l’aide au premier poste n’est pas suffisant !

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