Alexandra Coutlée,  Espaceprof,  relation d'aide,  Santé mentale,  Santé Physique

Parce que ça se peut que ça ne va pas…

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Alexandra Coutlée Espaceprof

Alexandra Coutlée

Fondatrice et collaboratrice
Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire


J’ai ressenti le besoin d’écrire ce texte pour tous ceux pour qui… ça ne va pas. Nous sommes entourés de mauvaises nouvelles… mais aussi d’une bonne dose de publications positives et optimistes. Je suis la première à les partager, parce que ça fait du bien. Par contre, ce côté positif à tout prix peut alourdir encore plus notre stress ou notre découragement. Ça se peut et ça se dit… que ça ne va juste pas. 

Il se peut que vous manquiez de soutien… ou encore que le soutien soit là, mais que tout de même, vous sentiez que ça ne va pas. Vous sentez peut-être aussi de la pression en regardant le collègue d’à côté qui a l’air zen et souriant, même derrière son masque. J’aimerais vous dire que vous n’êtes pas seul. 

J’ai parfois moi-même l’impression de vivre dans un espèce de Twilight Zone. J’aurais le goût de dire: ben là, ça a pas d’allure, voyons! On est brûlés, on n’est plus capables… Et là je me confie à quelqu’un et je me fais dire: c’est beau quand même ce qui se passe, il y a tant de collaboration… oui mais…. Il y a des jours où oui, je le vois comme ça. Mais d’autres où je suis si fatiguée, si démoralisée… que ces messages me font sentir encore pire. Comme si le positif était toxique tout à coup… 

Tout va vite, parfois trop. On a l’impression de devoir se revirer sur un dix cenne à chaque minute. D’être en état d’urgence continuellement, comme si on attendait une tornade, puis une autre… et le calme entre les deux n’est pas assez long pour se laisser le temps de respirer ou de rebâtir. Lorsque je me sens envahie, j’ai besoin d’écoute, qu’on me dise : je comprends que ce n’est pas facile… 

Pourtant, trop souvent, la réponse aux émotions plus négatives de quelqu’un c’est : « Essaie de voir le positif! » Et quand je suis submergée, c’est comme être en train de se noyer et de se faire dire : « Regarde le ciel comme il est beau. » C’est comme se faire dire : « Calme-toi » quand tu es stressé. Y’a déjà quelqu’un pour qui ça a marché cette phrase là? Un élève à qui on a dit: « Calme-toi »…et voilà, il était calme?

Alors j’aimerais vous dire, si vous vous sentez submergés, choisissez les personnes à qui parler. Ceux et celles qui sauront vous dire les bons mots et non pas vous déverser leur positivisme toxique. Consultez un professionnel si c’est possible, et si sa technique ne vous aide pas… et bien prenez-en un autre! Jusqu’à trouver le bon. 

Dormez… le plus possible, même si les pensées vous réveillent la nuit. Une sieste, une nuit entrecoupée…Faites du mieux que vous pouvez à ce niveau. Car la fatigue aggrave tout. Laissez de côté tout, sauf l’essentiel : manger, dormir, bouger un peu et aimer vos proches. Et au travail aussi, allez à l’essentiel. Si ça ne va pas, ce n’est pas le temps de vous lancer dans un nouvel outil numérique ou de plastifier de nouvelles feuilles «cutes» pour les élèves. On y va avec ce qui marche depuis des lunes, ce qui est simple. On prend soin de nous.

Et si ça ne va vraiment pas, on ne met pas de masque (mis à part celui pour nous protéger de la COVID), on le dit, on en parle, on demande de l’aide.

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