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Pourquoi l’enseignement?

livre ouvert

Jade Boudreau

Étudiante en enseignement

Instagram @madam.ejade


Tu ne deviens pas prof au hasard. Tu le choisis. Il y a plusieurs raisons qui te poussent vers ce choix, mais on va les réduire à : l’amour de l’école, le désir de transmettre les apprentissages à autrui ou encore avoir un impact sur les générations d’humains à venir. Moi, ça a été un délicieux mélange de ces trois choix. Chaque être humain qui passe par l’école au Québec se rappelle de souvenirs positifs et négatifs. Je me souviens d’une prof en particulier qui m’a ébranlée pour le reste de ma vie.

Je te mets au parfum :  3e secondaire, rentrée scolaire différente. Auparavant, nous étions dans une minuscule école secondaire dans laquelle il y avait seulement le premier cycle. Donc, en 3e secondaire, on entrait dans la cour des grands, on rentrait à la polyvalente. Du haut de mes 14 ans, légèrement rebelle et impressionnable, je me suis inscrite dans un programme de sport. Nous avions 7 cours d’éducation physique par cycle de 9 jours. Je ne te fais pas un dessin, la classe était majoritairement masculine. 21 garçons et 5 filles si je me rappelle bien. Notre enseignante, quant à elle, allait affronter une gang d’adolescents avec trop d’énergie. Au contraire, elle l’a mis à profit. Julie Vigneault-Champagne est une femme remarquable sous plusieurs aspects, elle en avait dedans. Gentille, passionné et pas impressionné pantoute. Pour elle, c’était une année remplie de défi avec des jeunes remplis de potentiels. C’est une femme de théâtre, de littérature et grand projet.

Celui qui m’a le plus marqué et sans aucun doute celui du Roi Arthur. Elle, dans sa tête, elle allait faire lire l’histoire à 26 adolescents. Probablement que d’autres profs lui ont souhaité bonne chance pour la réussite de ce projet. Mais Julie n’est pas le genre de femme à abandonner où à se laisser décourager, au contraire. Croyez-le ou non, mais elle a réussi à tous nous faire lire et aimer Arthur. On ne l’a pas lu parce que nous étions obligés, mais bien parce que nous le voulions. Je me souviens de ce qu’elle nous a dit un après-midi : «Ça me brise le cœur de vous dire ça, mais vous devez arrêter de lire». À contrecœur, nous avons posé nos livres pour faire autre chose. La passion de Julie l’a emporté sur les scepticismes des autres. Cette prof-là, elle a marqué mon parcours scolaire et mon parcours personnel.

Contre vent et marée, elle resta solide comme un roc tout le long de l’année scolaire, mais en nous traitant avec la douceur d’une mère. Julie elle est comme ça. Elle est une valeur sûre, patiente et douce, jamais elle ne laisse tomber un élève. Toujours disponible et très vaillante, Julie a marqué ma vie. Elle m’a donné l’envie de marquer les élèves de la même façon qu’elle l’a fait avec nous. J’aimerais avoir la même passion qu’elle. Ce feu qui brûle en elle ne l’arrêtera jamais. Elle m’a donné le goût d’enseigner et elle m’a donné le goût d’avoir un impact chez les élèves. Julie est mon modèle comme enseignante, comme femme et comme maman. Ses enfants sont choyés d’avoir une mère avec un aussi grand cœur qu’elle. Je me dis que chaque élève qui a passé par sa classe a été un peu ses enfants le temps d’une année. Nous avons bénéficié de cet amour, de cette passion, mais surtout d’une humaine fantastique.

One Comment

  • André Asselin

    Je pense que nous avons tous/toutes été marqué(e)s par un ou des profs exceptionnels. Je te souhaite de devenir une de ces profs. 😀

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