Alexandra Coutlée,  Décrocher,  Lâcher prise,  Motivation,  Santé mentale,  Santé Physique

Prendre une pause de l’enseignement

Prendre une pause et du recul nous aide parfois à voir les choses plus clairement. Lorsqu’on a le nez collé dans le quotidien, avec ses hauts et ses bas, il est parfois difficile de trouver de nouvelles solutions. Aussi, parfois, c’est notre vie familiale ou même notre corps qui nous demande une pause. Cette pause peut être une journée de congé, un congé de maladie, mais il existe aussi d’autres types de pause.

Il est possible pour un enseignant de prendre une pause de l’enseignement pendant un certain temps sans être en congé de maladie. Cette solution n’est peut-être pas possible présentement pour vous parce que vous n’êtes pas encore un enseignant permanent ou encore parce que ce n’est pas le bon moment financièrement, mais savoir que ça existe peut faire réfléchir.

Parler de congé d’enseignement alors que nous vivons une rareté de personnel dans les écoles (pour ne pas dire une pénurie) peut sembler un peu paradoxal.

Mais parfois, il vaut mieux prendre une pause pour ensuite revenir en force que de perdre de bons enseignants qui n’ont pas su s’écouter et qui ont plutôt quitté à jamais.

Les types de congés

Le congé sans traitement

Je vous invite à vous informer directement auprès de votre commission scolaire ou de votre syndicat afin d’être certains de détenir les bonnes informations. Je vous partage ici les histoires de collègues enseignants et ce que j’ai pu comprendre des différents congés.

Il y a deux types de congés possibles pour les enseignants (en excluant les congés de maladie et les congés spéciaux). Le premier est le congé sans traitement (le CST). Son nom le dit, le congé sans traitement veut dire que vous prenez une pause de votre emploi temporairement sans aucune rémunération. Vous conservez, par contre, votre lien d’emploi. Certaines règles doivent être respectées pour ce type de congé et vous devez vous informer auprès de votre commission scolaire pour en recevoir les informations précises. Un CST peut être octroyé lorsqu’on devient député ou maire, par exemple. On peut aussi prendre un congé sans traitement pour une obligation familiale comme s’occuper d’un enfant mineur handicapé ou encore pour un projet d’adoption.

Certains enseignants prennent un congé sans traitement pour prendre une pause complète de l’enseignement. C’est le cas d’une enseignante qui m’a confié avoir pris son CST pour aller travailler dans un autre domaine complètement. Elle est ensuite revenue en enseignement, avec une tout autre perspective, mais cette fois-ci, elle a choisi d’aller enseigner au privé plutôt qu’au public, dans un environnement qui répondait mieux à ses besoins.

Il est également possible de prendre un CST afin de réduire sa tâche en enseignement. Il faut, bien sûr, que ce genre de congé soit possible dans la tâche et qu’il soit approuvé par la direction et la commission scolaire. Cependant, il permet à certains enseignants de répondre à des obligations familiales ou même de se donner plus de temps pour souffler. Plusieurs enseignants m’ont dit être à 80% de tâche, car ils n’y arrivaient tout simplement pas avec 100% de tâche. Leurs raisons personnelles sont multiples et c’est cette occasion qui leur a permis de persister et de continuer d’enseigner avec passion.

Le congé à traitement différé

Le congé à traitement différé vous permet de prendre congé pendant six ou douze mois, mais de recevoir votre salaire et tous les autres avantages. Encore une fois, il faut vérifier auprès de votre commission scolaire et de votre direction afin de déterminer quelles sont les conditions de ce type de congé.  Les paiements reçus sont pris à même le salaire de l’enseignant et peuvent être étalés sur différentes durées. On reçoit donc, par exemple, 90% de son salaire pendant X années afin d’être payé comme à l’habitude pendant le congé.

Il est possible pour les ressources humaines de votre commission scolaire de vous faire un calcul de l’impact financier de ces deux types de congés. Vous pouvez aussi, avant de prendre une décision, rencontrer un conseiller financier. Votre programme d’aide aux employés inclut souvent les services gratuits d’un conseiller financier. Il vous est également possible de rencontrer le conseiller à votre caisse ou à votre banque, et ce, gratuitement.

Des besoins de ‘’pause’’ différents

J’ai parlé à plusieurs enseignants qui ont pris des congés sans traitement et des congés différés. Leurs histoires sont toutes différentes, mais ont toutes un but commun : répondre à un besoin personnel qui leur a permis, par la suite, de mieux vivre leur métier d’enseignant.

Certains m’ont confié être très près d’un congé de maladie. Ne sachant trop quelle solution mettre en place, un congé de six mois semblait une bonne option pour se ressourcer, prendre soin de soi et revenir en force. Pour d’autres, le congé a servi à s’occuper de rénovations majeures qui les auraient épuisés avec une tâche à temps plein. D’autres encore ont pu rester à la maison quelques mois de plus avec leur nouveau-né.  Une enseignante m’explique que son retour de maternité aurait eu lieu en février. Elle aurait donc repris des groupes d’une autre enseignante, ce qui est toujours stressant pour celui ou celle qui remplace l’autre, et aurait vécu ce stressant retour de mi-année avec un bébé qui ne faisait toujours pas ses nuits. Elle a choisi de rester plus longtemps à la maison avec son bébé et a repris son année en septembre, à la rentrée, bien prête à accueillir ses nouveaux groupes. Elle dit qu’elle se sentait ainsi plus prête, autant physiquement que psychologiquement.

Certains congés ont permis à des enseignants d’essayer d’autres milieux et ont découvert une nouvelle passion pour l’enseignement au collégial ou encore aux adultes. D’autres ont même profité de leur congé pour faire de la suppléance dans une autre commission scolaire et y découvrir une école ou une culture qui leur plaisait plus. Certains, en couple avec un ou une autre enseignante, le font même tous les cinq ans! Ils se prennent six mois de congé différé qu’ils paient sur cinq ans et voyagent ainsi pendant six mois tous les cinq ans!

Réaliser un rêve

Alix et sa famille ont pu réaliser tout un rêve avec un congé différé d’un an. La petite famille voyage depuis l’été dernier un peu partout autour du monde. Alix, qui est orthopédagogue et également enseignante d’espagnol, a pu faire l’école à la maison (ou l’école partout dans le monde) à ses deux fils. Son conjoint et elle ont loué leur maison et sont partis à l’aventure, avec leurs sacs à dos. Il est clair que cette enseignante reviendra avec une nouvelle façon de vivre et de voir la vie ainsi qu’avec un bagage riche à partager avec ses élèves. Je vous invite d’ailleurs à les suivre sur leur blogue: http://lesperuizautourdumonde.com/les-lesperuiz/. Vous serez peut-être inspirés pour un projet futur!

Prendre une pause… une possibilité?

Il est possible, étant donné la situation actuelle dans les établissements scolaires, que ces possibilités de congé vous soient refusées. C’est pourquoi je vous invite fortement à contacter votre commission scolaire et votre syndicat et d’en discuter avec votre direction si c’est une option qui vous plairait ou vous aiderait. Il existe également des formulaires à remplir qui diffèrent d’une commission scolaire à l’autre et des dates limites à respecter qui correspondent souvent à la fin du mois d’avril ou au début du mois de mai. Il est donc important de vérifier le tout rapidement si vous vouliez essayer cette solution dès l’an prochain.

Que ce projet soit possible pour vous cette année ou lors d’une autre année, lorsque vous obtiendrez votre permanence ou lorsque vos enfants seront assez vieux pour voyager, par exemple, sachez que cette possibilité existe et peut être la pause dont vous avez besoin pour mieux vivre en enseignement et y rester plus longtemps!

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