Espaceprof,  Santé Physique

Prévenir la contagion en classe


Valérie Harnois

Enseignante au secondaire


Ce temps de l’année est de retour! Celui où les élèves se transforment en morveux, non pas parce qu’ils font des mauvais coups, mais bien parce qu’ils ont tous le nez qui coule. Les élèves sont très créatifs quand vient le temps de partager ces petits microbes. Les toux et éternuements ailleurs que dans le coude font partie de notre quotidien en tant qu’enseignants. Certains élèves toussent dans leurs mains et nous remettent leurs documents quelques secondes plus tard. D’autres, surtout les tout petits, n’ont pas encore appris comment bien gérer ces réactions physiologiques et nous éternuent au visage sans le vouloir. C’est sans compter le nombre d’items que nous ramasserons qui auront été préalablement dans la bouche des élèves (crayons, feuilles, bouchons…) ou même ceux qui auront besoin d’aide pour un paper cut qui ne veut pas arrêter de saigner. 

Les experts en santé publique sont clairs, nous devrions nous laver les mains régulièrement après avoir touché du matériel souillé. Mais ont-ils pensé aux profs? Pour les chanceux d’entre nous qui ont des classes munies de savon et lavabo et qui ont le temps et l’occasion de tourner le dos à la classe pour se laver les mains quelques secondes, plusieurs fois par cours, que dire de plus que profitez-en! Pour les autres 99.9% des enseignants, que pouvons-nous faire pour ne pas tomber malade ou contaminer les autres? Je vous partage quelques trucs qui m’ont permis, à travers les années, de ne pas attraper tous les virus présents dans ma classe. 

Ma trousse de survie

Premièrement, j’ai une trousse de survie en classe. Sans avoir du cannage pour survivre 72 heures, j’ai assez pour me permettre de répondre à presque toutes les situations qui peuvent se présenter en classe, le tout pour moins de 10$ pour l’année. 

Mon meilleur ami dans cette situation est mon gel antibactérien. J’achète le format d’un litre et remplis ma petite bouteille à pompe que je laisse sur mon bureau, pour moi et les élèves. Je m’en sers après avoir touché quelque chose de douteux. Je ne suis surement pas la seule qui a déjà ramasseé un item le pensant solide et qui a eu la mauvaise surprise de se rendre compte qu’il était semi-liquide… à ce moment-là, mon gel antibactérien est très apprécié. Je l’utilise aussi après avoir mouché un nez (le mien ou celui de quelqu’un d’autre), après avoir touché un élève malade ou même après avoir touché une blessure.

J’ai aussi des débarbouillettes humides (type pour bébé ou démaquillantes). Je les utilise pour les plus gros dégâts ou les mains qui sont visiblement sales. Je les utilise aussi après avoir mangé un allergène. Par exemple, si j’ai une collation de noix et que je n’ai pas le temps de me laver les mains avant mon retour en classe, je les lave avec une débarbouillette humide. Le gel antibactérien aide pour les bactéries et virus, mais n’enlève pas les allergènes qui pourraient se retrouver sur mes mains. Les débarbouillettes peuvent cependant les enlever. 

Dans ma petite trousse se retrouvent aussi quelques diachylons. Que ce soit pour moi ou pour un élève, cette petite invention mi-collante mi-absorbante permet de colmater les fuites et d’éviter les dégâts, les paniques et la contamination. Après en avoir fait l’installation, même si je suis certaine de ne pas avoir touché à la plaie, je me désinfecte les mains, juste pour être certaine. 

Je complète ma trousse avec un nettoyant multi-surface, des mouchoirs (la version en rouleau, brun ou blanc, fournie par l’école) et une guenille afin de pouvoir nettoyer les surfaces. 

Des habitudes efficaces

Autre que ma trousse, j’ai pris quelques habitudes qui m’évitent des ennuis de santé. Par exemple, je m’assure de me laver les mains avant de manger. Un seul oubli et l’arrière-gout du gel antibactérien sur ma pomme est assez pour que je n’oublie pas deux fois. Le lavage de mains, en plus de tuer les microbes comme le gel antibactérien, permet d’enlever les saletés, ce que le gel ne fait pas (le gel les désinfecte seulement). 

J’ai aussi une bouteille d’eau transparente à scellement automatique. Je ne pense pas avoir à vous vendre les bienfaits de boire de l’eau pour la santé. Cependant, ce type de bouteille me permet de voir rapidement les intrus qui auraient pu s’y aventurer tout en évitant que les « ATCHOUX!!! » y entrent. C’est donc un incontournable en classe. 

Et que faire de ces moments où les microbes viennent nous chercher? Ces toux ou éternuements incontrôlés de nos élèves qui nous visent directement au visage? Bien sûr, on souhaite tous les éviter. Mais pour les quelques-uns qui pourraient nous déjouer, vaut mieux s’y préparer. Quand je vois un élève ou un de mes enfants qui prend une inspiration rapide, le genre qui prépare à l’expectoration, je ferme ma bouche et je me prépare à expirer. De cette façon, quand ces petits microbes seront propulsés vers mon visage, ils n’entreront ni dans ma bouche ni dans mon nez puisque j’expirerai au moment clé. 

Ces précautions ne garantissent pas que je ne serai pas malade ou que je ne propagerai pas de microbes. Elles permettent cependant de réduire la contamination, autant envers moi qu’envers les autres. Comme les élèves sont souvent des petits incubateurs à deux pattes, je préfère mettre toutes les chances de mon côté, et par le fait même, de leur côté. Qui sait, peut-être développeront-ils de bonnes habitudes, eux aussi? Sur ce, je vous souhaite donc une bonne saison de la grippe, en santé!

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