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Retrouver mes élèves en classe virtuelle

Image par Tumisu de Pixabay

Valérie Harnois Espaceprof

Valérie Harnois

Enseignante au secondaire


Un beau jour de mars 2020, après 15 ans d’enseignement, je me suis retrouvée soudainement débutante dans mon domaine. Comme beaucoup d’entre nous, je me suis retrouvée à devoir réinventer mon enseignement, mon cours, mes méthodes, mon matériel, mes outils… tout y a passé. C’est donc à coup d’essais et d’erreurs, et, en tant que néophyte, que j’ai poursuivi les cours.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai été submergée par une vague d’incertitude. J’ai envoyé des travaux à la maison, j’ai adapté les sujets à la situation présente, j’ai donné des rétroactions individualisées aux élèves, mais il manquait quelque chose. Pour moi, ce n’est pas ça enseigner. Enseigner ne se limite pas à envoyer des travaux et à donner une rétroaction. Enseigner aux adolescents inclut un lien affectif, une relation de confiance, une présence en tant qu’adulte significatif, être un modèle, échanger avec eux, adapter les explications à leur compréhension, vivre les activités pédagogiques ensemble… et les travaux que j’envoyais n’accomplissaient pas ces éléments indispensables.

Je me suis donc lancée ! J’ai débuté des cours en ligne de façon synchrone (live). J’ai décidé de passer par-dessus ma peur de l’inconnu et d’affronter ce nouveau défi avec détermination. Je me suis préparée en assignant une petite vidéo avant le cours, disant aux élèves que nous allions en discuter en classe. J’ai envoyé l’ordre du jour décrivant les sujets abordés et je me suis assurée d’inclure une section « quoi de neuf » et « questions et discussions ». J’ai rencontré chaque groupe virtuellement. C’est environ 95 % des élèves qui se sont joints à moi pour ce cours. C’est tout un changement si je compare au taux de participation aux travaux qui était d’environ 5 %. Certains de ces élèves avaient juré de ne faire aucun travail pendant le confinement, mais le social leur manquait, alors ils se sont joints au cours. 

Ces cours en direct m’ont permis de reconnecter avec eux, de discuter, de rigoler, de valider leur compréhension instantanément, d’échanger, de sortir de l’isolement. Et à en juger par leur participation, ils en avaient grandement besoin !

Suivant cet engouement, j’ai offert des récupérations virtuelles. À ma grande surprise, plusieurs se sont joints à moi, mais simplement pour discuter. D’autres étaient trop gênés pour se joindre au cours la première fois, donc ils ont préféré faire leur premier essai en récupération. 

Émotionnellement, ces cours font du bien. Ce qui a été, au départ, une fin abrupte, est maintenant poursuivi d’une façon différente. Les élèves retrouvent une certaine camaraderie, une normalité, un système prévisible qui leur permet de savoir qu’on ne les laisse pas tomber. En ligne de façon synchrone, ils ne sont plus seulement des adresses courriel où on envoie des activités et des corrigés. Ils sont des humains à part entière et leur point de vue est considéré, écouté et important. Non seulement ces cours en ligne permettent de fournir un enseignement de qualité adapté aux élèves, mais ils font sentir aux élèves qu’ils sont importants et qu’on ne les laisse pas tomber. 

J’en profite pour partager quelques trucs pour rendre ces périodes plus agréables :

• Envoyer l’ordre du jour (par exemple : Retour sur la vidéo regardée, Exercice de perception, Explication de la prochaine tâche, Questions et discussions)

• Répéter souvent où vous êtes rendu dans ce menu et résumer les points importants à chaque étape ;

• Planifier de petites périodes (30 minutes) ;

• Impliquer les élèves en posant beaucoup de questions auxquelles vous attendrez les réponses de différentes façons (micro, clavardage, jeu-questionnaire…) ;

• Faire des petits groupes ; ne pas dépasser 30 élèves ;

• Saluer les élèves individuellement à leur arrivée ;

• Regarder directement la caméra quand on parle (et non l’écran) ;

• Si un intrus entre dans la salle, l’interpeller rapidement et directement par son nom en lui disant qu’il s’est trompé de salle ;

• À la fin, demander aux élèves d’ouvrir leur caméra et leur micro pour dire « au revoir » ;

• Inviter les élèves qui ont des questions à rester après que les élèves ont quitté.

Et vous, vous lancerez-vous ?

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