• Climat de classe,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Gestion de classe,  Valérie Harnois

    L’empathie ou l’effet Pygmalion et l’étiquetage

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    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    J’attends beaucoup de mes élèves, autant au niveau scolaire que comportemental. Mais ces attentes ne sont pas aussi importantes que leurs manifestations en paroles et en gestes.

    Fondements théoriques

    Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’effet Pygmalion (Rosenthal & Jacobson, 1968), c’est le fait que les croyances de l’enseignant quant à la capacité de leurs élèves aient une influence directe sur leurs résultats. Dans un contexte plus large,mais surtout en lien avec le comportement et non la réussite scolaire, Howard Becker (1963) établit le même lien avec les attentes comportementales de personnes significatives et le comportement. C’est la théorie de l’étiquetage (labeling theory). Depuis les plus de 50 ans qui nous séparent de l’élaboration de ces théories, les études ne font que confirmer ces liens, entre autres que les attentes des enseignants sont souvent des prophéties qui se réalisent. Donc si les enseignants ont des attentes élevées envers les élèves, autant sur le plan comportemental que scolaire, ces élèves seront plus performants et obéissants que les élèves d’enseignants qui s’attendent à ce que leurs élèves réussissent moins bien ou se comportent moins bien.

    En classe

    Mais comment est-ce que ces attentes affectent les élèves? Cette différence est visible dans les commentaires faits aux élèves, dans la façon de gérer les imprévus, dans les sujets traités, dans les explications données, bref, dans tous les gestes quotidiens de l’enseignement.

  • Communication avec les parents,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Marie-Claude Pilote,  Santé mentale

    Les parents exigeants ou comment mettre une pression inutile sur le dos de son enfant

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    Marie-Claude Pilote Espaceprof

    Marie-Claude Pilote

    Enseignante au secondaire


    Dans mon premier billet, je vous ai mentionné que mon passage du privé au public m’a amenée à enseigner au PEI (Programme d’enseignement international ou intermédiaire, c’est selon). La semaine dernière, j’ai vécu ma première rencontre de parents avec cette nouvelle réalité. Bien humblement, je vous avoue que je l’anticipais un peu. Mes nouveaux collègues me disaient que certains parents étaient intenses et exigeants. Je me rassurais et me disais: « Ce doit être le même genre de parents qu’au privé. »

    Le constat

    Ce que j’y ai vécu ressemble beaucoup au monde du privé: des parents impliqués, qui ont l’éducation à cœur, qui veulent le mieux pour leur enfant. J’ai aussi rencontré une catégorie « à part »; une catégorie de parents qui ne sont pas satisfaits d’un 84%, qui veulent que leur fille qui a 92% se « force un peu » pour atteindre 95%.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Nadia Bélanger,  Reconnaissance

    Le renforcement positif de la direction

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    Nadia Bélanger Espaceprof

    Nadia Bélanger

    Enseignante au secondaire


    Le renforcement positif par la direction

    Quoi de mieux que quelques petits mots bien choisis pour renforcer notre sentiment d’efficacité personnel? Il faut l’admettre, les enseignants ont besoin, comme les élèves, de sentir qu’on les supporte et que l’on souligne leurs bons coups.

    Toutes les manières sont bonnes!

    Au fil des années, j’ai vu toutes sortes de directions valoriser, supporter, souligner les bons coups de leurs enseignants par toutes sortes de manières. Quand l’intention est de faire du bien, je crois que toutes les manières se valent et font du bien.

  • Carolane Groleau,  Enseignement positif,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    Merci à mes élèves!

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    Carolane Groleau

    Enseignante au secondaire


    Lorsque nous sommes élèves, on dirait qu’il nous est difficile de nous imaginer la vie de nos enseignants à l’extérieur de leur local de classe. Lorsque j’étais au secondaire, je ne réfléchissais pas à cela. Pour moi, un enseignant était passionné de sa matière, avait tous ses trucs déjà préparés et possédait un infini bagage de connaissances. Je ne me doutais pas que les novices planifiaient et construisaient probablement du matériel lors de leurs journées de congé, tout comme j’étais loin de m’imaginer que certains sortaient dans des bars… ou dataient même!

    Cette réflexion, je l’ai faite pour la première fois l’an dernier, lors de mon premier contrat. J’avais cette impression de vivre une double vie : enseignante le jour et jeune femme le soir.

    Aussi, je me suis toujours dit qu’en allant au travail, il faut laisser sa vie personnelle chez soi, à la porte…

    … mais cette semaine, cela a été plus ardu.

    Je ne suis pas la première ni la dernière à que cela arrive, mais c’était une première dans ma vie, moi qui ai fait passer mes études et ma carrière avant mes sentiments : ma première vraie grosse peine d’amour.

    Comment aller travailler un lundi matin après avoir passé la dernière fin de semaine à vivre toutes les étapes de la peine d’amour parfois en alternance, parfois en simultanée (tristesse, colère, tristesse à nouveau, incompréhension, tristesse, déni et encore tristesse)?

    Comment sourire et sembler passionnée par ma matière alors que j’ai à peine dormi et mangé en deux jours?

  • Enseignement positif,  Lâcher prise,  Marie-Claude Pilote,  Motivation,  Santé mentale

    Quitter une permanence au privé pour le public

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    Marie-Claude Pilote Espaceprof

    Marie-Claude Pilote

    Enseignante au secondaire


    On peut dire que j’ai un parcours mouvementé depuis que j’ai commencé à enseigner le français en 1997. De mes débuts jusqu’en 2005, j’ai été dans six écoles , majoritairement privées. En 2004-2005, n’étant pas heureuse dans celle où j’avais commencé l’année, j’ai décidé de démissionner en décembre pour aller explorer le monde de l’édition. Constat : le contact avec les ados me manquait trop. J’ai alors décidé de combiner les deux domaines en prenant une petite tâche dans une école publique de la Commission scolaire de Laval. Première expérience au public. 

    En 2005, un déménagement m’a menée sur la Rive-Nord de Montréal et une école privée située à deux minutes de mon nouveau chez-moi cherchait un prof en français. J’ai envoyé mon CV, passé l’entrevue et ai obtenu  le poste.

    J’y ai passé 15 années. 15 années de dur travail où l’excellence règne en roi et maître chez les élèves et où les exigences sont intenses du côté des demandes de la direction et des parents. 

  • Espaceprof,  Formation,  Gestion de classe,  Nouveaux enseignants,  Suppléance,  Valérie Harnois

    La suppléance n’est pas juste une paye, c’est la meilleure école.

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    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    J’ai fait mon baccalauréat au début 2000. C’était l’époque où nous devions encore aller chercher l’information puisqu’elle ne venait pas directement à nous via notre téléphone. C’était aussi l’époque où nous devions encore appeler pour avoir de l’information. Malgré que la majorité d’entre nous avions un courriel, la norme était de répondre dans les 3-4 jours ouvrables, loin du 2-3 heures que nous connaissons aujourd’hui. La majorité de notre information venait non pas d’un ordinateur ou d’une tablette, mais bien de sources humaines. 

    C’est donc à cette époque archaïque que j’ai entendu parler, par des collègues étudiants, qu’en tant qu’étudiante en enseignement, je pourrais faire de la suppléance. J’ai alors sauté sur l’occasion et je suis allée rencontrer les secrétaires d’école près de chez moi pour leur offrir mes services de suppléance (oui, c’est comme ça que ça fonctionnait à l’époque!). 

  • Espaceprof,  Gabrielle Levesque,  Gestion du temps,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  relation d'aide

    Madame Gabrielle

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    Gabrielle Levesque

    Gabrielle Levesque

    Enseignante au secondaire


    Je m’appelle Gabrielle. On m’appelle madame Gabrielle, madame Levesque ou parfois rien que madame. On me tutoie et d’autres fois on me vouvoie. Mes élèves me disent souvent bonjour quand ils entrent dans ma classe, alors que d’autres fois, ils passent devant moi sans me saluer. On ne me demande pas souvent comment je vais, mais je suis toujours la première à vouloir savoir comment tous vont. C’est important pour moi.

    J’aurais pu être secrétaire parce que je prends des notes tout le temps. Il y a des papillons autocollants partout sur mon bureau et dans mon agenda. Les notes et les rappels, je sais les gérer. J’aurais pu être juge dans une grande cour parce qu’il m’arrive de gérer des conflits lors des travaux d’équipe ou même des chicanes entre amis. J’aurais pu être médecin aussi parce que mes élèves ont tout le temps mille et un bobos que je tente de soigner, à coup de pansements, comme je le peux. Il y a les bobos du cœur aussi, les premières peines adolescentes que j’arrive à gérer telle qu’une psychologue le ferait. J’aurais pu faire toutes ces professions parce que je passe ma journée à exercer un peu chacune d’entre elles. J’en passe même.

  • Alex-Anne Flambert,  Enseignement positif,  Formation,  Motivation,  Passion

    La formation continue : une avenue à plusieurs voies


    Alex-Anne Flambert

    Enseignante au secondaire

    https://labibliomaniaque.wordpress.com


    Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu une soif intarissable d’apprendre. C’est probablement une des raisons pour lesquelles je suis une lectrice aussi inconditionnelle. Je suis avide de connaissances, affamée de nouveauté. Je me considère également comme une personne qui cherche sans cesse à s’améliorer. C’est d’ailleurs pourquoi, dès mon entrée à l’université, j’ai su que mes cours ne seraient pas suffisants pour me satisfaire. 

    Dans mon parcours universitaire, j’ai fait beaucoup de bénévolat lors de congrès. Je me rappelle avoir découvert l’Association québécoise des professeur.e.s de français (AQPF) grâce à une de ces journées de bénévolat, de même que le congrès De mots et de craie. Autant ai-je adoré me sentir utile et aider au bon déroulement de ces journées enrichissantes que j’ai eu la piqûre pour ces occasions de formation. Cela m’a d’ailleurs donné envie de créer une journée de conférences sur un sujet qui prend une place importante sur mon blogue, la culture. Les circonstances étant ce qu’elles sont, la journée n’a pas eu lieu, mais simplement chercher quels conférenciers auraient été pertinents m’a permis d’en apprendre beaucoup et de découvrir de belles personnalités et ressources. Je me suis formée, autrement!

  • Espaceprof,  Gabriel Gaudreault,  Motivation

    Une histoire d’amour propre


    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Ça m’a toujours fait sourire d’entendre mes collègues enseignants parler de discipline. Avouez-le, lorsqu’on entend ce mot, « discipline », on pense immédiatement aux pires scénarios imaginables. On s’imagine devoir gérer un élève complètement hors de contrôle ou en train de devoir s’expliquer avec des parents au sujet d’une crise quelconque. Pourtant, la discipline n’a jamais été synonyme de processus négatif. En fait, en ce qui me concerne, je préfère dire que j’enseigne la discipline et non pas que je fais « de la discipline » en classe.

    Peut-être trouverez-vous la nuance très subtile, mais à mes yeux, celle-ci est flagrante. J’aime beaucoup mieux percevoir la discipline comme un état d’esprit qui s’enseigne que comme une série d’actions punitives ou conséquentes. Une fois acquise par l’élève, la discipline se transforme en autodiscipline, et quelqu’un d’autodiscipliné est forcément quelqu’un qui s’aime suffisamment pour se mettre en branle, pour se mettre en action. L’autodiscipline est quelque chose que je prône beaucoup. Elle nécessite une force de caractère, une autonomie bien développée et un amour propre. J’essaie, autant que possible, d’apprendre à mes élèves à s’aimer suffisamment pour faire des choix qui représentent un investissement en leur propre personne, investissement qui leur rapportera un respect envers eux-mêmes à long terme.

  • Espaceprof,  Santé Physique,  Valérie Harnois

    Prévenir la contagion en classe


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Ce temps de l’année est de retour! Celui où les élèves se transforment en morveux, non pas parce qu’ils font des mauvais coups, mais bien parce qu’ils ont tous le nez qui coule. Les élèves sont très créatifs quand vient le temps de partager ces petits microbes. Les toux et éternuements ailleurs que dans le coude font partie de notre quotidien en tant qu’enseignants. Certains élèves toussent dans leurs mains et nous remettent leurs documents quelques secondes plus tard. D’autres, surtout les tout petits, n’ont pas encore appris comment bien gérer ces réactions physiologiques et nous éternuent au visage sans le vouloir. C’est sans compter le nombre d’items que nous ramasserons qui auront été préalablement dans la bouche des élèves (crayons, feuilles, bouchons…) ou même ceux qui auront besoin d’aide pour un paper cut qui ne veut pas arrêter de saigner. 

    Les experts en santé publique sont clairs, nous devrions nous laver les mains régulièrement après avoir touché du matériel souillé. Mais ont-ils pensé aux profs? Pour les chanceux d’entre nous qui ont des classes munies de savon et lavabo et qui ont le temps et l’occasion de tourner le dos à la classe pour se laver les mains quelques secondes, plusieurs fois par cours, que dire de plus que profitez-en! Pour les autres 99.9% des enseignants, que pouvons-nous faire pour ne pas tomber malade ou contaminer les autres? Je vous partage quelques trucs qui m’ont permis, à travers les années, de ne pas attraper tous les virus présents dans ma classe.