Alexandra Coutlée,  Développement professionnel continu

Dans ma bulle?

Image par MarieXMartin de Pixabay

Alexandra Coutlée Espaceprof

Alexandra Coutlée

Fondatrice et collaboratrice
Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire


La COVID m’a amenée à faire un certain ménage sur les réseaux sociaux. Fatiguée des idées plutôt négatives et intenses de certains, je les ai enlevés de mon fil d’actualité. Après tout, il faut préserver sa santé mentale, et toute cette négativité me pesait. Plusieurs autour de moi m’ont dit la même chose: j’ai cessé de suivre ce groupe d’enseignants, car c’est trop négatif… ou j’ai enlevé le beau-frère de mon Facebook, car ses idées sont radicales et insensées.

Je crois qu’il est important de s’entourer de positif. J’adore trouver des crinqués qui, comme moi, ont à cœur les mêmes enjeux. Mais dernièrement, en naviguant sur mes réseaux ou encore en lisant les articles que j’avais mis dans mes favoris, je me suis rendue compte que je m’étais un peu mise dans une bulle… Suis-je alors dans une certaine chambre d’écho de mes propres idées et valeurs? Autant au niveau personnel que professionnel?

Lorsqu’un collègue partage mon point de vue, c’est toujours plus agréable de discuter qu’avec celui qui ne le partage pas. Pas facile les débats et puisque je crains souvent la chicane et les conflits… Je pratique l’évitement. Il semble même que notre cerveau cherche ces personnes et ces idées qui sont les mêmes que les nôtres pour nous réconforter. Mais écouter des avis contraires est PLUS qu’important si on veut faire avancer les choses dans notre société. Je suis une passionnée de technologie, bien sûr (je ne ferais pas ce métier de conseillère pédagogique en intégration du numérique sinon!), et je pense être capable de nuancer… mais lorsque je tombe sur une recherche qui explique que bannir le cellulaire à l’école est une bonne chose… je n’ai comme pas…envie de lire. Je dois me parler, me motiver, me forcer…Il est important de lire cet avis qui pourrait dire autre chose que ce qui correspond à mes idées personnelles. Je dois donc faire un effort conscient pour ne pas filtrer et lire seulement ce qui conforte mon point de vue.

Il faut s’ouvrir aux autres points de vue, même quand ça ne nous tente pas. Lorsqu’on parle de lire une recherche, ça prend un petit peu de motivation et on y arrive. Le plus difficile, c’est d’écouter les arguments de quelqu’un qui ne pense pas comme nous et qui, en plus, exprime son point de vue difficilement. Je ne parle pas ici d’écouter des insultes ou des injures. Bien sûr, on met fin à une discussion de ce genre. Je parle de ce collègue enraciné dans ses propos négatifs, qui explique son point de vue d’une façon qui rebute. Le collègue qui ne veut pas de cellulaire permis dans les cours de personne, car lui, il n’avait pas besoin de ça quand il allait à l’école. Pas facile si nous aimerions utiliser les appareils avec les élèves à des fins pédagogiques d’amorcer une discussion aussi émotive. Mais si chacun reste chacun dans sa bulle, dans sa chambre d’écho, seul avec ses arguments…est-ce qu’on avance?

Je me lance donc le défi, et je vous y invite si ça vous intéresse aussi, de tenter d’écouter un peu plus les arguments contraires aux miens. D’être à l’écoute malgré les arguments exprimés brusquement ou maladroitement par des collègues. De tenter de questionner, de comprendre plutôt que d’éviter. Je n’ai pas envie d’être seule dans ma bulle, j’ai envie de vraiment écouter et de comprendre.

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