• Enseignement positif,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    Merci à mes élèves!

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    Carolane Groleau

    Enseignante au secondaire


    Lorsque nous sommes élèves, on dirait qu’il nous est difficile de nous imaginer la vie de nos enseignants à l’extérieur de leur local de classe. Lorsque j’étais au secondaire, je ne réfléchissais pas à cela. Pour moi, un enseignant était passionné de sa matière, avait tous ses trucs déjà préparés et possédait un infini bagage de connaissances. Je ne me doutais pas que les novices planifiaient et construisaient probablement du matériel lors de leurs journées de congé, tout comme j’étais loin de m’imaginer que certains sortaient dans des bars… ou dataient même!

    Cette réflexion, je l’ai faite pour la première fois l’an dernier, lors de mon premier contrat. J’avais cette impression de vivre une double vie : enseignante le jour et jeune femme le soir.

    Aussi, je me suis toujours dit qu’en allant au travail, il faut laisser sa vie personnelle chez soi, à la porte…

    … mais cette semaine, cela a été plus ardu.

    Je ne suis pas la première ni la dernière à que cela arrive, mais c’était une première dans ma vie, moi qui ai fait passer mes études et ma carrière avant mes sentiments : ma première vraie grosse peine d’amour.

    Comment aller travailler un lundi matin après avoir passé la dernière fin de semaine à vivre toutes les étapes de la peine d’amour parfois en alternance, parfois en simultanée (tristesse, colère, tristesse à nouveau, incompréhension, tristesse, déni et encore tristesse)?

    Comment sourire et sembler passionnée par ma matière alors que j’ai à peine dormi et mangé en deux jours?

  • Enseignement positif,  Lâcher prise,  Motivation,  Santé mentale

    Quitter une permanence au privé pour le public

    Image par StockSnap de Pixabay

    Marie-Claude Pilote Espaceprof

    Marie-Claude Pilote

    Enseignante au secondaire


    On peut dire que j’ai un parcours mouvementé depuis que j’ai commencé à enseigner le français en 1997. De mes débuts jusqu’en 2005, j’ai été dans six écoles , majoritairement privées. En 2004-2005, n’étant pas heureuse dans celle où j’avais commencé l’année, j’ai décidé de démissionner en décembre pour aller explorer le monde de l’édition. Constat : le contact avec les ados me manquait trop. J’ai alors décidé de combiner les deux domaines en prenant une petite tâche dans une école publique de la Commission scolaire de Laval. Première expérience au public. 

    En 2005, un déménagement m’a menée sur la Rive-Nord de Montréal et une école privée située à deux minutes de mon nouveau chez-moi cherchait un prof en français. J’ai envoyé mon CV, passé l’entrevue et ai obtenu  le poste.

    J’y ai passé 15 années. 15 années de dur travail où l’excellence règne en roi et maître chez les élèves et où les exigences sont intenses du côté des demandes de la direction et des parents. 

  • Décrocher,  Espaceprof,  Lâcher prise,  Motivation,  Passion,  Santé mentale

    POURQUOI J’AI DÛ QUITTER L’ENSEIGNEMENT ET ME CHOISIR

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    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Je n’en connais pas un, j’ai beau chercher et chercher, mais je n’y arrive pas. Je ne connais aucun enseignant qui souhaite quitter la profession de son plein gré. C’est logique lorsqu’on y pense, l’enseignement est l’une des professions où l’expression « don de soi » prend tout son sens. Pourtant, ils sont des centaines à quitter la profession chaque année. J’ai même été l’un d’entre eux, l’un de ceux qui en sont venus à se dire : « Ce n’est pas pour moi… »

    Pourtant, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas nous qui ne sommes pas faits pour la profession, mais à l’inverse, c’est la profession qui n’est pas faite pour nous. Je m’explique : La plupart des enseignants, moi compris, ont quelques valeurs communes, ils sont, pour la plupart d’entre eux, généreux, ils croient beaucoup en la jeunesse et veulent léguer quelque chose à leur prochain. Ne nous leurrons pas, le système scolaire québécois n’encourage pas toujours ces mêmes valeurs et dès l’entrée en fonction d’un nouvel enseignant, la réalité peut frapper rapidement. Est-ce qu’il faut pour autant laisser tomber ses rêves d’enseignant ? Certainement pas. Cependant, un recul peut parfois s’avérer nécessaire pour quelques personnes.

  • Espaceprof,  Motivation,  Santé mentale

    Novembre

    Image par pasja1000 de Pixabay

    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Nous entrons dans une période d’incertitude qui n’est pas sans laisser de traces au quotidien. Cette année scolaire est marquée par le renouvellement de la convention collective des enseignants, par une loi abolissant les commissions scolaires et les élections scolaires, par une pénurie d’enseignants et de suppléants et par une vague de nouvelles directions d’écoles. 

    Pour ceux qui ont lu mes articles précédents, vous savez que je suis de nature positive et très pratico-pratique. Mais force est de constater que le climat est présentement rempli de questions sans réponse. Le temps d’ensoleillement nous joue aussi des tours, bref, c’est novembre!

  • Enseignant connecté,  Espaceprof,  Formation,  Santé mentale

    Apprendre comme moyen pour gérer son stress au travail

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    Alexandra Coutlée

    Alexandra Coutlée

    Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire, fondatrice d’Espaceprof


    Le métier d’enseignant n’est pas facile et comprend son lot de stress au travail. Il existe plusieurs solutions pour gérer son stress au quotidien.  On nous parle par exemple d’aller faire une marche sur notre heure de dîner, de faire jouer de la musique pendant notre pause ou au début des cours pour détendre l’atmosphère. Les discussions avec des collègues peuvent aussi être une source de réconfort et nous aider à gérer notre stress. Par contre, toutes ces solutions sont des solutions à court terme. Elles aident à gérer le stress du moment ou encore à mettre un baume sur le trop-plein de stress que nous vivons ce jour-là.

    Pour s’assurer d’être bien à long terme dans notre métier d’enseignant,  il faut donc trouver des solutions à plus long terme. Une étude de l’Université de Michigan a testé l’impact de l’apprentissage sur le stress de deux groupes d’employés.  Un premier groupe utilisait les méthodes nommées précédemment pour gérer son stress (des respirations, des marches, de la méditation, etc.). Le 2e groupe était activement engagé dans l’apprentissage de quelque chose de nouveau. Le groupe qui a participé à des activités d’apprentissage ressentait moins d’émotions négatives au travail que le groupe qui avait utilisé des stratégies de gestion de stress plus temporaires.

  • Espaceprof,  Santé mentale

    Vivre avec un trouble anxieux en enseignement


    Jessie Villeneuve

    Enseignante au secondaire


    En 2013, le diagnostic est tombé : je souffre d’un trouble d’anxiété généralisée. Ça veut dire quoi? Que même d’être assise tranquille devant mes émissions de télévision préférées me donne une boule dans le ventre. Que je n’ai jamais l’esprit tranquille. Que je pense à mes cours 24h/24h, et ce, même quand je dors. Que j’ai l’impression de n’être jamais à la hauteur. Que j’ai le trac avant chacun de mes cours avec mes élèves. Pénible, me direz-vous? Oui, mais…

    Petit retour en arrière…

    Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été anxieuse. Mais à l’époque, je ne le savais pas vraiment parce que ce n’était pas le genre de chose dont on parlait. Et je n’en parlais pas parce que je croyais que c’était normal de vivre comme ça quotidiennement. Je croyais que lorsque j’aurais terminé mes études, ça se placerait, que c’était mon besoin d’être la meilleure dans tous mes cours (ce que je sais aujourd’hui être de l’anxiété de performance) qui me rendait ainsi.

    Avant chaque examen, j’avais mal au cœur, j’avais les mains glacées, j’avais juste envie que ça finisse. Je cassais les oreilles de mes amis avec mes fameux « Je vais me planter. », « Je ne me souviens de rien. », « On commence-tu que ça finisse? ». Mais finalement, j’avais toujours des notes bien au-dessus de la moyenne. Mon entourage en avait assez de m’entendre me plaindre alors que tout le monde savait très bien que j’allais « scorer », encore. À l’université, j’appelais ma mère en pleurant et j’étais offusquée de me faire répondre : « Ça va bien aller, comme d’habitude. »

  • Espaceprof,  relation d'aide,  Santé mentale

    Quand une confidence d’élève devient une dénonciation


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Les trucs et conseils présentés dans le présent billet sont issus des recommandations de la Direction de la Protection de la Jeunesse, de l’Institut Nationale de Santé Publique du Québec, L’Institut de Recherche Robert-Sauvé en Santé et Sécurité du Travail et de l’Ordre des Psychologues du Québec. Je les ai adaptés à la réalité enseignante avec mes connaissances et expériences en enseignement et criminologie. Ces conseils et trucs visent à vous outiller dans les interventions avec les élèves. Ils ne remplacent pas des conseils juridiques ou des services professionnels dont vous ou vos élèves pouvez avoir besoin.


    Les confidences : un cheveu sur la soupe

    Les élèves nous font souvent des confidences. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette confiance qui nous démontre l’étendue de la bonne relation que nous avons avec l’élève. Dans la tâche enseignante, sous la rubrique appelée « … et toutes autres tâches connexes, » nous portons parfois le chapeau de confident à différents degrés. Ces élèves voient en nous un guide et une ressource humaine précieuse. Quant à moi, une confidence est un des meilleurs compliments professionnels que je peux recevoir, à égalité avec une amélioration des notes phénoménales. 

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    1er stage très paradoxal! Oui, oui!


    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement


    Toute la session d’automne, on nous prépare à notre futur stage. Le premier, on sent l’excitation dans les classes à la vue de ce grand moment. Durant ces cours d’introduction, on met en place les bases pour faire notre stage d’observation. Je tiens à souligner que notre stage est basé sur l’observation, c’est un élément à retenir attentivement, on y reviendra plus tard. 

    Donc, tu étudies, tu fais des travaux, des lectures et beaucoup de travaux d’équipe pour finalement atteindre le Graal. Tu vas avoir des vrais élèves, dans une vraie école et avec de vrais profs. Entre ton emploi à temps partiel, tes bourses et tes prêts (si t’es chanceux) et parfois la vie de maman. Tu bûches. Je dirais même tu rush. FINALEMENT, voilà ta fin de session qui se pointe et hop! On s’en va dans le tourbillon du temps des fêtes.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Gestion du temps,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale,  Santé Physique

    Être bien avec soi, avec sa profession


    Cloé Janelle

    Enseignante en adaptation scolaire


    Il s’agit de ma deuxième année comme titulaire de classe et j’en suis très heureuse! Pour l’instant, j’ai trouvé un équilibre entre le travail et la vie personnelle. 

    Mon truc : prendre le temps de faire les choses, c’est-à-dire prendre le temps d’aller à la salle de bain pendant la journée, de ranger mon bureau, d’aller discuter avec une collègue, d’aller porter ma tasse de café dans la salle des profs, de retrouver mes factures perdues, etc. 

    Ainsi, lorsque je rentre de l’école, j’ai passé une meilleure journée et je me sens bien avec mon emploi, ma profession. Même qu’en soir de semaine, je fais des activités avec mon copain; je me sens presque la fin de semaine! 

    Je réalise à quel point je ne prenais pas soin de mon bien-être l’année scolaire dernière et que cela avait un impact sur mon humeur, donc sur les élèves et sur ma vie personnelle. Je me sens bien, je me sens heureuse.

    Bon début d’année, chers collègues enseignants! 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Santé mentale

    Le stress de la rentrée chez les enseignants


    Alexandra Coutlée

    Enseignante au secondaire et fondatrice d’Espaceprof


    La semaine dernière, alors que j’admirais les paysages magiques de l’Irlande, mon chum m’a lancé un : “Tu es stressé de ta rentrée, hein?” Quoi? Mais non! J’étais tout à fait zen à essayer de vivre le moment présent, à me remplir de toute cette beauté pour pouvoir m’y référer lorsque les semaines seront plus difficiles ou plus chargées. Alors pourquoi avait-t il l’impression que j’étais stressée? Parce que je passais mon temps à parler du travail. Malgré mes efforts pour décrocher, le spectre de la rentrée était bien présent, et mon cerveau, déjà en mode “début d’année”.

    Notre cerveau d’enseignant est souvent en mode prof. On arrive, pour plusieurs, à décrocher après quelque temps, mais ça revient vite au galop. Mais le mot stress m’a heurtée. Moi qui fais tant d’efforts pour être zen, prendre soin de moi, apprendre à décrocher… est-ce que de parler et de penser au travail à quelques semaines du retour fait de moi quelqu’un de stressée? Et qu’est-ce qui me stresse exactement?