• Espaceprof,  Gabrielle Levesque,  Gestion du temps,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  relation d'aide

    Madame Gabrielle

    Image par tookapic de Pixabay

    Gabrielle Levesque

    Gabrielle Levesque

    Enseignante au secondaire


    Je m’appelle Gabrielle. On m’appelle madame Gabrielle, madame Levesque ou parfois rien que madame. On me tutoie et d’autres fois on me vouvoie. Mes élèves me disent souvent bonjour quand ils entrent dans ma classe, alors que d’autres fois, ils passent devant moi sans me saluer. On ne me demande pas souvent comment je vais, mais je suis toujours la première à vouloir savoir comment tous vont. C’est important pour moi.

    J’aurais pu être secrétaire parce que je prends des notes tout le temps. Il y a des papillons autocollants partout sur mon bureau et dans mon agenda. Les notes et les rappels, je sais les gérer. J’aurais pu être juge dans une grande cour parce qu’il m’arrive de gérer des conflits lors des travaux d’équipe ou même des chicanes entre amis. J’aurais pu être médecin aussi parce que mes élèves ont tout le temps mille et un bobos que je tente de soigner, à coup de pansements, comme je le peux. Il y a les bobos du cœur aussi, les premières peines adolescentes que j’arrive à gérer telle qu’une psychologue le ferait. J’aurais pu faire toutes ces professions parce que je passe ma journée à exercer un peu chacune d’entre elles. J’en passe même.

  • Espaceprof,  Gestion du temps,  Jade Boudreau,  Nouveaux enseignants,  Santé mentale

    1er stage très paradoxal! Oui, oui!


    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement


    Toute la session d’automne, on nous prépare à notre futur stage. Le premier, on sent l’excitation dans les classes à la vue de ce grand moment. Durant ces cours d’introduction, on met en place les bases pour faire notre stage d’observation. Je tiens à souligner que notre stage est basé sur l’observation, c’est un élément à retenir attentivement, on y reviendra plus tard. 

    Donc, tu étudies, tu fais des travaux, des lectures et beaucoup de travaux d’équipe pour finalement atteindre le Graal. Tu vas avoir des vrais élèves, dans une vraie école et avec de vrais profs. Entre ton emploi à temps partiel, tes bourses et tes prêts (si t’es chanceux) et parfois la vie de maman. Tu bûches. Je dirais même tu rush. FINALEMENT, voilà ta fin de session qui se pointe et hop! On s’en va dans le tourbillon du temps des fêtes.

  • Alexandra Coutlée,  Enseignement positif,  Motivation,  Reconnaissance

    L’impact d’un-e enseignant-e


    Alexandra Coutlée

    Conseillère pédagogique au primaire et au secondaire, fondatrice d’Espaceprof


    Chaque année, des dizaines, voire des centaines d’élèves peuvent passer dans nos classes. Parfois, on a de leurs nouvelles, on reçoit un petit mot gentil qui nous parle de l’impact qu’on a eu dans leur vie. Parfois, c’est à leur collation des grades ou à leur bal de finissants qu’ils nous partagent que le petit moment que nous avions passé à essuyer leurs larmes lors d’une rupture amoureuse ou le moment où nous avons écouté les problématiques qu’ils vivent à la maison les ont beaucoup aidés et qu’ils nous remercient. La majorité du temps, par contre, on ne sait pas vraiment officiellement si on a eu un impact.  On voit, bien sûr, l’impact qu’on a eu lors des résultats scolaires des examens ministériels, mais ce n’est pas un impact si clair. Mais être enseignant, tout le monde le sait (du moins je l’espère), c’est bien plus que de transmettre des notions d’anglais, de français, de mathématiques, de science ou encore d’arts. Et on a tous un ou une enseignante qui nous a marqué.

  • Alexandra Coutlée,  Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation

    L’école d’été


    Alexandra Coutlée

    Fondatrice d’Espaceprof, enseignante au secondaire


    Ah, l’été! La plage, le camping, la lecture dans le hamac…et la correction? Eh oui, plusieurs enseignants sont en classe pendant l’été. Ils enseignent des reprises de français, de maths, d’histoire ou encore d’anglais. Pourquoi enseigner l’été et comment ça se passe? Nous avons interrogé nos collègues Espaceprof qui ont gentiment accepté de nous partager leur expérience.

    Pourquoi enseigner l’été?

    On ne se le cachera pas, la première motivation est souvent de nature financière. Lorsque l’on n’a pas de poste permanent, qu’on est à statut précaire et sans salaire pour l’été, ces quelques semaines d’enseignement d’été peuvent être une belle option. C’est parfois aussi une belle façon de travailler un peu afin d’avoir un petit surplus pour des extras comme un voyage, par exemple. C’est parfois aussi la première expérience de travail d’enseignants qui terminent leurs études en enseignement, comme ce fut le cas de Jacinthe: “Je voulais aider ces élèves-là, vraiment faire une différence. Je vais faire mon 4e été cette année en cours d’été. “ Karine, une autre enseignante à l’école d’été, ajoute:  “J’ai commencé à la troisième année de mon BAC pour avoir plus d’expérience et pour m’aider financièrement. J’ai aimé mon expérience et ça me fait penser à autre chose qu’à la rentrée.” 

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Motivation,  Valérie Harnois

    L’année scolaire; ma brioche à la cannelle.


    Valérie Harnois

    Enseignante au secondaire


    Et voilà! Les armes de guerre sont rangées. Je parle bien sûr de mes crayons rouges, bleu clair et roses (vive la diversité) qui sont confortablement dans le fond de ma boîte à l’école. C’est le temps de l’année où je me lève tard (presque 7h45 ce matin!), le moment où mon pilote automatique a une envie folle de dire à tous les jeunes que je rencontre d’enlever leur casquette, la saison où je peux prendre plus de 15 minutes pour dîner et je peux même me permettre un café de moins le matin! Les termes vacances et convalescence sont donc interchangeables dans le cas présent, surtout considérant qu’elles ne sont pas rémunérées, mais qu’on nous verse ce que nous avons accumulé. Mais peu importe! Dans ma cour, personne ne juge le verre de sangria à ma main à 11h58 l’avant-midi! En compagnie de cette sangria, c’est le temps d’un petit post-mortem. Comme je vois mon année scolaire comme une brioche à la cannelle, les premières bouchées étant parfois croustillantes, manquant de goût, trop sucré et très collant, à ce temps-ci de l’année, il ne me reste que le milieu, tout moelleux. Et les doigts collants, cette fatigue qui s’intensifie au fil des mois d’école? Ce n’est pas grave puisqu’à ce moment-ci, j’ai accepté que manger une brioche, c’est collant, mais que le milieu en vaut la peine. Ce milieu de brioche, c’est mon post-mortem que je fais à la fin de l’année. Pas ceux qu’on fait dans la salle de profs, tous exténués par le sprint de fin d’année. Je parle d’un vrai post-mortem des moments qui ont été vraiment significatifs cette année.

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Lise Gauthier,  Motivation,  Reconnaissance

    Nostalgie


    Lise Gauthier

    Enseignante à la retraite


    Debout devant la fenêtre, café en main, j’observe les enfants qui  s’amusent dans la cour d’école. Dans quelques jours, ils seront en vacances. L’année scolaire leur a-t-elle paru trop  longue ou trop courte? Et qu’en est-il du sentiment des profs?

    Est-ce la grisaille installée depuis trop de jours,  la conscience du temps qui passe ou les deux, je l’ignore, mais ce matin, j’éprouve une grande nostalgie. J’ai pris ma retraite de l’enseignement en juin 2006 et j’ai peine à croire que les années aient passé si vite!

    Le film de ma carrière d’enseignante déroule dans ma tête. Les souvenirs refont surface et je réalise que je m’ennuie encore de ce temps-là. Je me revois à ma première année d’enseignement, âgée de vingt et un an et je me dis que le feu sacré m’a permis de passer au travers. À la suite d’un revirement de dernière minute, ma tâche prévue d’enseignement de l’histoire en deuxième et troisième secondaire ( appelées à l’époque, huitième et neuvième année) a donné ceci : sept périodes de français en neuvième scientifique et tutorat, sept périodes de français en huitième générale, deux périodes d’histoire/semaine (changement de groupe fin janvier) et une période d’histoire/semaine dans deux groupes. Je n’avais pas de vie! Je devais préparer quatorze périodes de français et deux périodes d’histoire chaque semaine. Et on ne parle pas de la correction! Mais vous savez quoi, c’est un de mes plus beaux souvenirs!

  • Enseignement positif,  Espaceprof,  Jade Boudreau,  Motivation,  Nouveaux enseignants,  Reconnaissance

    Pourquoi l’enseignement?

    livre ouvert

    Jade Boudreau

    Étudiante en enseignement

    Instagram @madam.ejade


    Tu ne deviens pas prof au hasard. Tu le choisis. Il y a plusieurs raisons qui te poussent vers ce choix, mais on va les réduire à : l’amour de l’école, le désir de transmettre les apprentissages à autrui ou encore avoir un impact sur les générations d’humains à venir. Moi, ça a été un délicieux mélange de ces trois choix. Chaque être humain qui passe par l’école au Québec se rappelle de souvenirs positifs et négatifs. Je me souviens d’une prof en particulier qui m’a ébranlée pour le reste de ma vie.

    Je te mets au parfum :  3e secondaire, rentrée scolaire différente. Auparavant, nous étions dans une minuscule école secondaire dans laquelle il y avait seulement le premier cycle. Donc, en 3e secondaire, on entrait dans la cour des grands, on rentrait à la polyvalente. Du haut de mes 14 ans, légèrement rebelle et impressionnable, je me suis inscrite dans un programme de sport. Nous avions 7 cours d’éducation physique par cycle de 9 jours. Je ne te fais pas un dessin, la classe était majoritairement masculine. 21 garçons et 5 filles si je me rappelle bien. Notre enseignante, quant à elle, allait affronter une gang d’adolescents avec trop d’énergie. Au contraire, elle l’a mis à profit. Julie Vigneault-Champagne est une femme remarquable sous plusieurs aspects, elle en avait dedans. Gentille, passionné et pas impressionné pantoute. Pour elle, c’était une année remplie de défi avec des jeunes remplis de potentiels. C’est une femme de théâtre, de littérature et grand projet.

  • Espaceprof,  Gabriel Gaudreault,  Motivation,  Santé mentale,  Santé Physique

    L’humain est encore humain (malgré tout)


    Gabriel Gaudreault

    Enseignant en formation professionnelle

    https://leblogueduprof.com


    Avez-vous parfois l’impression de vivre dans une société négative ? Parfois, quand je regarde les nouvelles ou que je me branche sur les réseaux sociaux, je deviens complètement découragé. J’ai cette impression qui m’envahit d’être né dans un monde dénué de gentillesse et de compassion. Le racisme, la xénophobie, la transphobie, l’intimidation, tant d’expressions qui transposent les réflexions les plus noires des êtres humains.

    Quand l’adversité vient s’en mêler

    Samedi dernier, je suis allé faire une course, la XMAN Race. Sept kilomètres de course en dénivelé relativement aigu, 40 obstacles à traverser, tous plus difficiles les uns que les autres. Le tout à travers la boue et l’eau froide. Je me considère comme un habitué de la course, mais je vous avoue que je suis resté surpris devant quelques obstacles imposants. Pendant l’heure et demie que j’ai prise pour traverser le parcours, j’ai réalisé une grande leçon : l’adversité est souvent le point de départ de l’entraide et la compassion.