Carolane Groleau,  Espaceprof,  Nouveaux enseignants

Une «Tanguy» en enseignement


Carolane Groleau Espaceprof

Carolane Groleau

Enseignante au secondaire


Tanguy: Phénomène social selon lequel les jeunes adultes tardent à se séparer du domicile familial.

Transposons ce concept dans le milieu de l’éducation:

Phénomène social selon lequel une jeune enseignante tarde à se séparer d’un milieu de travail précis.

Je l’admets: je suis cette Tanguy!

Je m’explique.

Dans la vie, je crois qu’un des meilleurs sentiments est de se sentir «sur son X», à sa place à ce moment précis. Et c’est ce qui m’arrive depuis 2 ans. Dans le cadre de mes stages, j’ai exploré différents milieux scolaires: sport-études, team teaching, Programme d’Éducation Internationale, privé et public pour en venir à la conclusion que je me sens bien dans le système public, au premier cycle du secondaire.

Il y a quelque chose qui m’interpelle chez cette clientèle. Certains ont choisi la voie du régulier au public, d’autres n’ont pas été retenus pour des concentrations ou des programmes. Certains sont bien à l’aise, d’autres vivent plus de difficultés.

Il y a aussi quelque chose dans le premier cycle qui vient me chercher, spécialement chez les élèves de première secondaire, qui vivent tout un chambardement dans leur vie avec cette nouveauté et l’angoisse liée au passage du primaire au secondaire. Je suis cette enseignante qui se rappelle sa propre entrée au secondaire et les mois d’adaptation qui l’ont accompagnée. Je suis aussi cette enseignante qui garde toujours sa porte ouverte, prête à soutenir, écouter, conseiller et aider ceux qui auront besoin d’un petit coup de main dans leur propre adaptation.

Enfin, les connaissances à transmettre lors de cette année me plaisent aussi, bien entendu.

Si nous mettons ces sphères ensemble, en y additionnant le fait que j’aie été affectée à une école où les gens sont accueillants, chaleureux, passionnés et généreux de leur temps et de leurs conseils: j’y resterais encore pour de nombreuses années parce que je m’y sens bien.

Précarité oblige, je ne sais si ce sera possible.

Et soudain, c’est le tourbillon.

Est-ce normal pour une enseignante novice de ne pas avoir envie d’explorer davantage?

Est-ce bien vu de retourner dans ce milieu de travail si l’occasion se présente?

Je crois que la réponse à ces questionnements, bien qu’elle semble clichée, est de suivre son coeur, tout simplement. Dans un monde rempli d’incertitudes et de situations potentiellement stressantes, c’est important de prendre des décisions avec lesquelles nous sommes confortables et pour lesquelles nous sommes prêts. Bien que le changement apporte toujours sa part d’inquiétudes même s’il peut aussi apporter beaucoup de bien, s’il n’est synonyme que d’angoisse ou de négatif, c’est qu’il est trop tôt. Le temps de partir à la recherche de nouveaux défis et de sortir de sa zone de confort arrivera un jour, inévitablement, lorsque nous y serons prêts.

One Comment

  • Myriam Claude

    Tu as bien raison Carolane, il faut toujours suivre son coeur! J’ajouterais que tu es au bon endroit quand tu te sens chez toi, comme « à la maison ». Ça aussi c’est quelque chose que tu ne peux pas planifier!

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